16aoĂ»t 2017 - Dieu donne ses plus durs combats Ă  ses plus forts soldats đŸ’Ș . 16 aoĂ»t 2017 - Dieu donne ses plus durs combats Ă  ses plus forts soldats đŸ’Ș. ConfidentialitĂ©. Pinterest. Aujourd'hui. Explorer. Lorsque les rĂ©sultats de saisie automatique sont disponibles, utilisez les flĂšches Haut et Bas pour vous dĂ©placer et la touche EntrĂ©e pour sĂ©lectionner. Pour les Dieuvaincu deviendra Satan, Satan vainqueur deviendra Dieu. - Une citation d'Anatole France Maispar ses paroles au verset 6, Dieu dit Ă  JosuĂ© : « Bats-toi ! Sois un conquĂ©rant ! Ne baisse pas les bras ! ». Face Ă  la bataille, face au combat, on peut ressentir de la peur et dĂ©cider de ne pas y aller. Mais Dieu nous dit au contraire de prendre courage et d'avancer. Il est avec nous ! Dieu ne nous dit pas de fuir les problĂšmes Vay Tiền TráșŁ GĂłp Theo ThĂĄng Chỉ Cáș§n Cmnd Hỗ Trợ Nợ Xáș„u. 28 octobre 2019 1 28 /10 /octobre /2019 1405 Marguerite Yourcenar, MĂ©moires d’Hadrien RĂ©sumĂ© et citations Ă©tablis par Bernard MARTIAL, professeur de lettres-philosophie en CPGE et en 1Ăšre. Les rĂ©fĂ©rences renvoient Ă  l’édition Folio n°921 Ce rĂ©sumĂ© ne remplace Ă©videmment pas la lecture intĂ©grale du texte VI. PATIENTIA L’üle d’Achille. Arrien m’écrit il a terminĂ© la circumnavigation du Pont-Euxin. A Sinope, les reconnaissants des grands travaux de rĂ©fection et d’élargissement du port m’ont Ă©levĂ© une statue. Il a inspectĂ© les garnisons cĂŽtiĂšres dont les commandants mĂ©ritent les plus grands Ă©loges. Il a fait faire des rectifications des plans de la cĂŽte et sur la cĂŽte de Colchide, il a questionnĂ© les habitants au sujet des enchantements de MĂ©dĂ©e et des 295 exploits de Jason. Mais ils paraissent ignorer ces histoires
 Sur la rive septentrionale de cette mer inhospitaliĂšre, ils ont touchĂ© une petite Ăźle bien grande dans la fable l’üle d’Achille, qui est aussi l’üle de Patrocle. Les innombrables ex-voto qui dĂ©corent les parois du temple sont dĂ©diĂ©s tantĂŽt Ă  Achille, tantĂŽt Ă  son ami, car, ceux qui aiment Achille chĂ©rissent et vĂ©nĂšrent la mĂ©moire de Patrocle. Achille lui-mĂȘme apparaĂźt en songe aux navigateurs qui visitent ces parages il les protĂšge et les avertit des dangers de la mer, comme le font ailleurs les Dioscures. Et l’ombre de Patrocle apparaĂźt aux cĂŽtĂ©s d’Achille. [
] Achille me semble parfois le plus grand des hommes par le courage, la force d’ñme, les connaissances de l’esprit unies Ă  l’agilitĂ© du corps, et son ardent amour pour son jeune compagnon. Et rien en lui ne me paraĂźt plus grand que le dĂ©sespoir qui lui fit mĂ©priser la vie et dĂ©sirer la mort quand il eut perdu le bien-aimĂ©. » Je laisse retomber sur mes genoux le volumineux rapport du gouverneur de la Petite-ArmĂ©nie, du chef de l’escadre. Arrien comme toujours a bien travaillĂ©. Mais, cette fois, il fait plus il m’offre un don 296 nĂ©cessaire pour mourir en paix ; il me renvoie une image de ma vie telle que j’aurais voulu qu’elle fĂ»t. Arrien sait que ce qui compte est ce qui ne figurera pas dans les biographies officielles, ce qu’on n’inscrit pas sur les tombes ; il sait aussi que le passage du temps ne fait qu’ajouter au malheur un vertige de plus. Vue par lui, l’aventure de mon existence prend un sens, s’organise comme dans un poĂšme ; [
] Arrien m’ouvre le profond empyrĂ©e des hĂ©ros et des amis il ne m’en juge pas trop indigne. » Je traĂźne mon corps vieilli dans la chambre de la Villa ; mon passĂ© me propose d’autres retraites oĂč j’échappe Ă  mes misĂšres, lieux chers mais souvent associĂ©s aux prĂ©misses d’une erreur. La fatigue de mon corps se communique maintenant Ă  ma mĂ©moire. Arrien m’offre mieux. À Tibur, du sein d’un mois de mai brĂ»lant, j’écoute sur les plages de l’üle d’Achille la longue plainte des vagues ; j’aspire son air pur et 297 froid ; j’erre sans effort sur le parvis du temple baignĂ© d’humiditĂ© marine ; j’aperçois Patrocle
 Ce lieu que je ne verrai jamais devient ma secrĂšte rĂ©sidence, mon suprĂȘme asile. J’y serai sans doute au moment de ma mort. » Tentation du suicide. J’ai donnĂ© jadis au philosophe EuphratĂšs la permission du suicide. Rien ne semblait plus simple un homme a le droit de dĂ©cider Ă  partir de quel moment sa vie cesse d’ĂȘtre utile. Je ne savais pas alors que la mort peut devenir l’objet d’une ardeur aveugle, d’une faim comme l’amour. Je n’avais pas prĂ©vu ces nuits oĂč j’enroulerais mon baudrier autour de ma dague, pour m’obliger Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  deux fois avant de m’en servir. Arrien seul a pĂ©nĂ©trĂ© le secret de ce combat sans gloire contre le vide, l’ariditĂ©, la fatigue, l’écƓurement d’exister qui aboutit Ă  l’envie de mourir. On ne guĂ©rit jamais la vieille fiĂšvre m’a terrassĂ© Ă  plusieurs reprises ; j’en tremblais d’avance, comme un malade averti d’un prochain accĂšs. Tout m’était bon pour reculer l’heure de la lutte nocturne le travail, les conversations follement prolongĂ©es jusqu’à l’aube, les baisers, les livres. Il est convenu qu’un empereur ne se suicide que s’il y est acculĂ© par des raisons d’État ; Marc Antoine lui-mĂȘme avait l’excuse d’une bataille perdue. Et mon sĂ©vĂšre Arrien admirerait moins ce dĂ©sespoir rapportĂ© d’Égypte si je n’en avais pas triomphĂ©. Mon propre code interdisait aux soldats cette sortie volontaire que j’accordais aux sages ; je ne me sentais pas plus libre de dĂ©serter que le premier lĂ©gionnaire venu. Mais je sais ce que c’est que d’effleurer voluptueusement de la main l’étoupe d’une corde ou le fil d’un couteau. J’avais fini par faire de ma mortelle envie un rempart contre elle-mĂȘme la perpĂ©tuelle possibilitĂ© du suicide m’aidait Ă  supporter moins impatiemment l’existence, tout comme la prĂ©sence Ă  portĂ©e de la main d’une potion sĂ©dative calme un homme atteint d’insomnie. 298 Par une intime contradiction, cette obsession de la mort n’a cessĂ© de s’imposer Ă  mon esprit que lorsque les premiers symptĂŽmes de la maladie sont venus m’en distraire ; j’ai recommencĂ© Ă  m’intĂ©resser Ă  cette vie qui me quittait ; dans les jardins de Sidon, j’ai passionnĂ©ment souhaitĂ© jouir de mon corps quelques annĂ©es de plus. On voulait mourir ; on ne voulait pas Ă©touffer ; la maladie dĂ©goĂ»te de la mort ; on veut guĂ©rir, ce qui est une maniĂšre de vouloir vivre. Mais la faiblesse, la souffrance, mille misĂšres corporelles dĂ©couragent bientĂŽt le malade d’essayer de remonter la pente on ne veut pas de ces rĂ©pits qui sont autant de piĂšges, de ces forces chancelantes, de ces ardeurs brisĂ©es, de cette perpĂ©tuelle attente de la prochaine crise. Je m’épiais cette sourde douleur Ă  la poitrine n’était-elle qu’un malaise passager, le rĂ©sultat d’un repas absorbĂ© trop vite, ou fallait-il s’attendre de la part de l’ennemi Ă  un assaut qui cette fois ne serait pas repoussĂ© ? Je n’entrais pas au SĂ©nat sans me dire que la porte s’était peut-ĂȘtre refermĂ©e derriĂšre moi aussi dĂ©finitivement que si j’avais Ă©tĂ© attendu, comme CĂ©sar, par cinquante conjurĂ©s armĂ©s de couteaux. Durant les soupers de Tibur, je redoutais de faire Ă  mes invitĂ©s l’impolitesse d’un soudain dĂ©part ; j’avais peur de mourir au bain, ou dans de jeunes bras. Des fonctions qui jadis Ă©taient faciles, ou mĂȘme agrĂ©ables, deviennent humiliantes depuis qu’elles sont devenues malaisĂ©es ; on se lasse du vase d’argent offert chaque matin Ă  l’examen du mĂ©decin. Le mal principal traĂźne avec soi tout un cortĂšge d’afflictions secondaires mon ouĂŻe a perdu son acuitĂ© d’autrefois ; hier encore, j’ai Ă©tĂ© forcĂ© de prier PhlĂ©gon de rĂ©pĂ©ter toute une phrase j’en ai eu plus de honte que d’un crime. Les mois qui suivirent l’adoption d’Antonin furent affreux le sĂ©jour de BaĂŻes, le retour Ă  Rome et les nĂ©gociations qui 299 l’accompagnĂšrent avaient excĂ©dĂ© ce qui me restait de forces. L’obsession de la mort me reprit, mais cette fois les causes en Ă©taient visibles, avouables ; mon pire ennemi n’en aurait pu sourire. Rien ne me retenait plus on eĂ»t compris que l’empereur, retirĂ© dans sa maison de campagne aprĂšs avoir mis en ordre les affaires du monde, prĂźt les mesures nĂ©cessaires pour faciliter sa fin. Mais la sollicitude de mes amis Ă©quivaut Ă  une constante surveillance tout malade est un prisonnier. Je ne me sens plus la vigueur qu’il faudrait pour enfoncer la dague Ă  la place exacte, marquĂ©e jadis Ă  l’encre rouge sous le sein gauche ; je n’aurais fait qu’ajouter au mal prĂ©sent un rĂ©pugnant mĂ©lange de bandages, d’éponges sanglantes, de chirurgiens discutant au pied du lit. Il me fallait mettre Ă  prĂ©parer mon suicide les mĂȘmes prĂ©cautions qu’un assassin Ă  monter son coup. » Demande d’aide au suicide. Je sollicitai d’abord mon maĂźtre des chasses, Mastor, de m’aider Ă  en finir. Tout d’abord, il ne comprit pas. Puis, la lumiĂšre se fit ; il fut Ă©pouvantĂ©. Il me croit immortel ; il m’arracha des mains son glaive, dont je m’étais saisi, et s’enfuit en hurlant. Le lendemain, je m’aperçus que CĂ©ler avait 300 remplacĂ© un style de mĂ©tal par un calame de roseau. Je me cherchai un meilleur alliĂ©. Je cherchais un autre alliĂ© en Iollas, jeune mĂ©decin d’Alexandrie qu’HermogĂšne s’était choisi l’étĂ© dernier comme substitut durant son absence. Il me comprit mais son serment hippocratique l’empĂȘchait de me donner du poison. J’insistai, il cĂ©da et promit enfin d’aller chercher la dose de poison. Quelques heures plus tard, on le retrouva victime de son propre poison. Le lendemain, Antonin arriva, en larmes, atterrĂ© de voir que je cherchais Ă  en finir. Il voulait 301 aider Ă  me soulager, se sentait responsable du reste de mes jours. Ces naĂŻves promesses m’apportĂšrent soulagement et rĂ©confort. Les simples paroles d’Antonin et le geste d’Iolla me convainquirent d’aller jusqu’au bout de mon mĂ©tier d’empereur. Patientia. J’ai vu hier Domitius Rogatus, devenu procurateur des monnaies, et chargĂ© de prĂ©sider Ă  une nouvelle frappe ; j’ai choisi cette lĂ©gende Patientia » qui sera mon dernier mot d’ordre. Ma mort me semblait la plus personnelle de mes dĂ©cisions, mon suprĂȘme rĂ©duit d’homme libre ; je me trompais. La foi de millions de Mastors ne doit pas ĂȘtre Ă©branlĂ©e ; d’autres Iollas ne seront pas mis Ă  l’épreuve. J’ai compris que le suicide paraĂźtrait au petit groupe d’amis dĂ©vouĂ©s qui m’entourent une marque d’indiffĂ©rence, d’ingratitude peut-ĂȘtre ; je ne veux pas laisser Ă  leur amitiĂ© cette image grinçante d’un suppliciĂ© incapable de supporter une torture de plus. D’autres considĂ©rations se sont prĂ©sentĂ©es Ă  moi, lentement, durant la nuit qui a suivi la mort d’Iollas l’existence m’a beaucoup donnĂ©, ou, du moins, j’ai su beaucoup obtenir d’elle ; en ce moment, comme au temps de mon bonheur, et pour des raisons toutes contraires, il me paraĂźt qu’elle n’a plus rien Ă  m’offrir je ne suis pas sĂ»r de n’avoir plus rien Ă  en apprendre. J’écouterai ses instructions secrĂštes jusqu’au bout. Toute ma vie, j’ai fait confiance Ă  la sagesse de mon corps ; j’ai tĂąchĂ© de goĂ»ter avec discernement les sensations que me procurait cet ami je me dois d’apprĂ©cier aussi les derniĂšres. 302 Je ne refuse plus cette agonie faite pour moi, cette fin lentement Ă©laborĂ©e au fond de mes artĂšres, hĂ©ritĂ©e peut-ĂȘtre d’un ancĂȘtre, nĂ©e de mon tempĂ©rament, prĂ©parĂ©e peu Ă  peu par chacun de mes actes au cours de ma vie. L’heure de l’impatience est passĂ©e ; au point oĂč j’en suis, le dĂ©sespoir serait d’aussi mauvais goĂ»t que l’espĂ©rance. J’ai renoncĂ© Ă  brusquer ma mort. » 303 Tout reste Ă  faire. Mes domaines africains doivent devenir un modĂšle d’exploitation agricole ; les paysans du village de BorysthĂšnes ont droit Ă  des secours au sortir d’un hiver pĂ©nible ; il faut par contre refuser des subsides aux riches cultivateurs quĂ©mandeurs de la vallĂ©e du Nil. Julius Vestinus, prĂ©fet des Ă©tudes, m’envoie son rapport sur l’ouverture des Ă©coles publiques de grammaire ; je viens d’achever la refonte du code commercial de Palmyre. On rĂ©unit en ce moment un congrĂšs de mĂ©decins et de magistrats chargĂ©s de statuer sur les limites extrĂȘmes d’une grossesse. Je statue sur les nombreux cas de bigamie dans les colonies militaires. Je compose l’inscription qui figurera sur le nouveau PanthĂ©on d’AthĂšnes 304. La lutte contre la brutalitĂ© judiciaire continue en rĂ©primandant le gouverneur de Cilicie qui s’avisait de faire pĂ©rir dans les supplices de simples voleurs de bestiaux. J’ai prohibĂ© la pratique de l’État des municipalitĂ©s qui condamnaient facilement aux travaux forcĂ©s pour se procurer une main-d’Ɠuvre Ă  bon marchĂ©. J’ai interdit aux prĂȘtres de Baal les sacrifices d’enfant en certains points du territoire de l’ancienne Carthage. J’ai rĂ©parĂ© l’injustice commise par nos tribunaux civils Ă  l’égard des hĂ©ritiers des SĂ©leucides en Asie Mineure. En GrĂšce, le procĂšs d’HĂ©rode Atticus dure encore. La boĂźte aux dĂ©pĂȘches de PhlĂ©gon, ses grattoirs de pierre ponce et ses bĂątons de cire rouge seront avec moi jusqu’au bout. Dieu thaumaturge. Ils continuent Ă  me croire dieu au moment mĂȘme oĂč ils offrent au ciel des sacrifices pour le rĂ©tablissement de la SantĂ© Auguste. Cette croyance bienfaisante ne me paraĂźt pas insensĂ©e. Une vieille aveugle, arrivĂ©e Ă  pied de Pannonie, a recouvrĂ© la vue par la simple imposition de mes mains. D’autres prodiges se sont produits 305 ; des malades prĂ©tendent s’ĂȘtre rĂ©veillĂ©s guĂ©ris, ou du moins soulagĂ©s. Je ne souris pas du contraste entre mes pouvoirs de thaumaturge et mon mal ; j’accepte ces nouveaux privilĂšges avec gravitĂ©. Cette vieille aveugle cheminant vers l’empereur du fond d’une province barbare est devenue pour moi ce que l’esclave de Tarragone avait Ă©tĂ© autrefois l’emblĂšme des populations de l’empire que j’ai rĂ©gies et servies. Leur immense confiance me repaie de vingt ans de travaux auxquels je ne me suis pas dĂ©plu. » Un Juif d’Alexandrie m’attribue des pouvoirs surhumains, rĂ©veillant les forces gĂ©nĂ©ratrices du sol, Ă©tablissant partout la prospĂ©ritĂ© et la paix, de l’initiĂ© qui a relevĂ© les lieux saints de toutes les races, du connaisseur en arts magiques, du voyant qui plaça un enfant au ciel. J’aurai Ă©tĂ© mieux compris par ce Juif enthousiaste que par bien des sĂ©nateurs et des proconsuls ; cet adversaire ralliĂ© complĂšte Arrien ; je m’émerveille d’ĂȘtre Ă  la longue devenu pour certains yeux ce que je souhaitais d’ĂȘtre, et que cette rĂ©ussite soit faite de si peu de chose. » La vieillesse et la mort toutes proches ajoutent dĂ©sormais leur majestĂ© Ă  ce prestige ; on ne me compare plus au Zeus rayonnant mais au Mars Gradivus, dieu des longues campagnes et de l’austĂšre discipline, au grave Numa inspirĂ© des dieux, et Ă  Pluton, dieu des ombres. Seuls, quelques intimes, quelques amis Ă©prouvĂ©s et chers Ă©chappent Ă  cette terrible contagion du respect. Le jeune avocat Fronton 306 s’est adressĂ© Ă  moi d’une voix tremblante oĂč se mĂȘlait la rĂ©vĂ©rence et la crainte. Les joies tranquilles de l’amitiĂ© humaine ne sont plus pour moi ; ils m’adorent ; ils me vĂ©nĂšrent trop pour m’aimer. » Le culte d’AntinoĂŒs. Tout ce que j’ai essayĂ© d’implanter dans l’imagination humaine y a pris racine. Le culte d’AntinoĂŒs, la plus folle de mes entreprises, le dĂ©bordement d’une douleur qui ne concernait que moi seul a rencontrĂ© le goĂ»t d’une Ă©poque avide de dieux. À Delphes, l’enfant est devenu l’HermĂšs gardien du seuil, maĂźtre des passages obscurs qui mĂšnent chez les ombres. Éleusis en fait le jeune Bacchus des MystĂšres, prince des rĂ©gions limitrophes entre les sens et l’ñme. L’Arcadie ancestrale l’associe Ă  Pan et Ă  Diane, divinitĂ©s des bois ; les paysans de Tibur l’assimilent au doux AristĂ©e, roi des abeilles. En Asie, Ă  l’orĂ©e des pays barbares, AntinoĂŒs s’est confondu avec les divinitĂ©s ancestrales. La jeune figure m’échappe ; elle cĂšde aux aspirations des cƓurs simples par un de ces rĂ©tablissements inhĂ©rents Ă  la nature des choses, l’éphĂšbe sombre et dĂ©licieux est devenu pour la piĂ©tĂ© populaire l’appui des 307 faibles et des pauvres, le consolateur des enfants morts. » Le profil du garçon de quinze ans pend au cou des nouveau-nĂ©s en guise d’amulette ; on le cloue dans des cimetiĂšres de village sur de petites tombes. Je pensais que son souvenir sombrerait avec moi. Mais il est entrĂ© dans l’immortalitĂ©. Fidus Aquila, gouverneur d’AntinoĂ©, en route pour son nouveau poste de SarmizĂ©gĂ©thuse, m’a dĂ©crit les rites annuels cĂ©lĂ©brĂ©s au bord du Nil en l’honneur du dieu mort, les pĂšlerins venus par milliers des rĂ©gions du Nord et du Sud, les offrandes et les priĂšres ; tous les trois ans, des jeux anniversaires ont lieu Ă  AntinoĂ©, comme aussi Ă  Alexandrie, Ă  MantinĂ©e, et dans ma chĂšre AthĂšnes. Ces fĂȘtes triennales se renouvelleront cet automne, mais je n’espĂšre pas durer jusqu’à ce neuviĂšme retour du mois d’Athyr. On m’a reprochĂ© d’avoir composĂ© moi-mĂȘme certaines rĂ©ponses Ă  l’oracle du mort 308 comme on s’est Ă©tonnĂ© qu’ici, dans la Villa, autour de cette chapelle de Canope oĂč son culte se cĂ©lĂšbre Ă  l’égyptienne, j’aie laissĂ© s’établir les pavillons de plaisir du faubourg d’Alexandrie qui porte ce nom, leurs facilitĂ©s, leurs distractions que j’offre Ă  mes hĂŽtes et auxquelles il m’arrivait de prendre part. Il avait pris l’habitude de ces choses-lĂ . Et on ne s’enferme pas pendant des annĂ©es dans une pensĂ©e unique sans y faire rentrer peu Ă  peu toutes les routines d’une vie. J’ai fait tout ce qu’on recommande. J’ai attendu j’ai parfois priĂ©. Audivi voces divinas
 La sotte Julia Balbilla croyait entendre Ă  l’aurore la voix mystĂ©rieuse de Memnon j’ai Ă©coutĂ© les bruissements de la nuit. J’ai fait les onctions de miel et d’huile de rose qui attirent les ombres ; j’ai disposĂ© le bol de lait, la poignĂ©e de sel, la goutte de sang, support de leur existence d’autrefois. Je me suis Ă©tendu sur le pavement de marbre du petit sanctuaire ; la lueur des astres se faufilait par les fentes mĂ©nagĂ©es dans la muraille, mettait çà et lĂ  des miroitements, d’inquiĂ©tants feux pĂąles. Je me suis rappelĂ© les ordres chuchotes par les prĂȘtres Ă  l’oreille du mort, l’itinĂ©raire gravĂ© sur la tombe Et il reconnaĂźtra la route
 Et les gardiens du seuil le laisseront passer
 Et il ira et viendra autour de ceux qui l’aiment pour des millions de jours
 Parfois, Ă  de longs intervalles, j’ai cru sentir l’effleurement d’une approche, un attouchement lĂ©ger comme le contact des cils, tiĂšde comme l’intĂ©rieur d’une paume. Et l’ombre 209 de Patrocle apparaĂźt aux cĂŽtĂ©s d’Achille
 Je ne saurai jamais si cette chaleur, cette douceur n’émanaient pas simplement du plus profond de moi-mĂȘme, derniers efforts d’un homme en lutte contre la solitude et le froid de la nuit. Mais la question, qui se pose aussi en prĂ©sence de nos amours vivants, a cessĂ© de m’intĂ©resser aujourd’hui il m’importe peu que les fantĂŽmes Ă©voquĂ©s par moi viennent des limbes de ma mĂ©moire ou de ceux d’un autre monde. Mon Ăąme, si j’en possĂšde une, est faite de la mĂȘme substance que les spectres ; ce corps aux mains enflĂ©es, aux ongles livides, cette triste masse Ă  demi dissoute, cette outre de maux, de dĂ©sirs et de songes, n’est guĂšre plus solide ou plus consistant qu’une ombre. Je ne diffĂšre des morts que par la facultĂ© de suffoquer quelques moments de plus ; leur existence en un sens me paraĂźt plus assurĂ©e que la mienne. AntinoĂŒs et Plotine sont au moins aussi rĂ©els que moi. » MĂ©ditations de la mort, rĂȘves et prĂ©sages. La mĂ©ditation de la mort n’apprend pas Ă  mourir ; elle ne rend pas la sortie plus facile, mais la facilitĂ© n’est plus ce que je recherche. Petite figure boudeuse et volontaire, ton sacrifice n’aura pas enrichi ma vie, mais ma mort. Le monde des vivants ne nous intĂ©resse plus. Je n’adhĂšre pas plus aux thĂ©ories des prĂȘtres Ă©gyptiens sur l’immortalitĂ© 310 qu’à celle du nĂ©ant. J’observe ma fin. Je suis ce que j’étais ; je meurs sans changer [
]. Si quelques siĂšcles venaient par miracle s’ajouter au peu de jours qui me restent, je referais les mĂȘmes choses, et jusqu’aux mĂȘmes erreurs, je frĂ©quenterais les mĂȘmes Olympes et les mĂȘmes Enfers. Une pareille constatation est un excellent argument en faveur de l’utilitĂ© de la mort, mais elle m’inspire en mĂȘme temps des doutes quant Ă  sa totale efficacitĂ©. » Durant certaines pĂ©riodes de ma vie, j’ai notĂ© mes rĂȘves. Cette facultĂ© de rĂȘver, 311 m’a Ă©tĂ© rendue au cours de ces mois d’agonie ; je m’enfonce avec quelque douceur dans ces rĂ©gions vaines des songes ; j’y possĂšde pour un instant certains secrets qui bientĂŽt m’échappent ; j’y bois Ă  des sources. » J’ai revu le lion blessĂ© de l’oasis d’Ammon ; il m’a jetĂ© Ă  terre ; je me suis rĂ©veillĂ© dans ma chambre de Tibur. J’ai revu mon pĂšre dans notre maison d’Italica et je lui ai demandĂ© ses potions sĂ©datives. Les prĂ©sages aussi se multiplient une pierre brisĂ©e portant mon profil. Il m’arrive de parler de moi au passĂ© 312 les morts dont je parle semblent ĂȘtre moi-mĂȘme. Au cours d’un rite, la toge qui me couvrait le front retomba sur mon Ă©paule me laissant nu tĂȘte ; je passais ainsi du rang de sacrificateur Ă  celui de victime. En vĂ©ritĂ©, c’est bien mon tour. » Apaisement. Ma patience porte ses fruits. Moins de souffrance, moins de colĂšre. Je n’ai mĂȘme pas essayĂ© de confondre Platorius NĂ©pos qui a abusĂ© de ma confiance. L’avenir du monde ne m’inquiĂšte plus ; je laisse les dieux s’occuper de la paix romaine. Parce que j’attends peu de choses de la condition humaine, les pĂ©riodes de bonheur et de prospĂ©ritĂ© 313 me semblent autant de prodiges qui compensent presque l’immense masse des maux et des Ă©checs. Le dĂ©sordre et l’ordre, la paix et la guerre alterneront ; les mots de libertĂ©, d’humanitĂ©, de justice retrouveront çà et lĂ  le sens que nous avons tentĂ© de leur donner. Nos livres ne pĂ©riront pas tous ; on rĂ©parera nos statues brisĂ©es ; d’autres coupoles et d’autres frontons naĂźtront de nos frontons et de nos coupoles ; quelques hommes penseront, travailleront et sentiront comme nous j’ose compter sur ces continuateurs placĂ©s Ă  intervalles irrĂ©guliers le long des siĂšcles, sur cette intermittente immortalitĂ©. Si les barbares s’emparent jamais de l’empire du monde, ils seront forcĂ©s d’adopter certaines de nos mĂ©thodes ; ils finiront par nous ressembler. Chabrias s’inquiĂšte de voir un jour le pastophore de Mithra ou l’évĂȘque du Christ s’implanter Ă  Rome et y remplacer le Grand Pontife. Si par malheur ce jour arrive, mon successeur le long de la berge vaticane aura cessĂ© d’ĂȘtre le chef d’un cercle d’affiliĂ©s ou d’une bande de sectaires pour devenir Ă  son tour une des figures universelles de l’autoritĂ©. Il hĂ©ritera de nos palais et de nos archives ; il diffĂ©rera de nous moins qu’on ne pourrait le croire. J’accepte avec calme ces vicissitudes de Rome Ă©ternelle. » La fin. Les mĂ©dicaments n’agissent plus ; mes jambes enflent. Je console Antonin. Je suis content d’avoir ma luciditĂ© jusqu’au bout 314 et de n’avoir pas Ă  faire l’épreuve du grand Ăąge. Tout est prĂȘt l’aigle chargĂ© de porter aux dieux l’ñme de l’empereur est tenu en rĂ©serve pour la cĂ©rĂ©monie funĂšbre. Mon mausolĂ©e, sur le faĂźte duquel on plante en ce moment les cyprĂšs destinĂ©s Ă  former en plein ciel une pyramide noire, sera terminĂ© Ă  peu prĂšs Ă  temps pour le transfert des cendres encore chaudes. J’ai priĂ© Antonin qu’il y fasse ensuite transporter Sabine ; j’ai nĂ©gligĂ© de lui faire dĂ©cerner Ă  sa mort les honneurs divins, qui somme toute lui sont dus ; il ne serait pas mauvais que cet oubli fĂ»t rĂ©parĂ©. Et je voudrais que les restes d’Ælius CĂ©sar soient placĂ©s Ă  mes cĂŽtĂ©s. » Ils m’ont emmenĂ© Ă  BaĂŻes ; par ces chaleurs de juillet, le trajet a Ă©tĂ© pĂ©nible, mais je respire mieux au bord de la mer. J’ai envoyĂ© chercher Antonin. Le petit groupe des intimes se presse Ă  mon chevet Chabrias, CĂ©ler, Diotime 315. Je sens sous mes doigts des pleurs dĂ©licieux. Hadrien jusqu’au bout aura Ă©tĂ© humainement aimĂ©. Petite Ăąme, Ăąme tendre et flottante, compagne de mon corps, qui fut ton hĂŽte, tu vas descendre dans ces lieux pĂąles, durs et nus, oĂč tu devras renoncer aux jeux d’autrefois. Un instant encore, regardons ensemble les rives familiĂšres, les objets que sans doute nous ne reverrons plus
 TĂąchons d’entrer dans la mort les yeux ouverts. » 316 AU DIVIN HADRIEN AUGUSTE FILS DE TRAJAN CONQUÉRANT DES PARTHES PETIT-FILS DE NERVA GRAND PONTIFE REVÊTU POUR LA XXIIe FOIS DE LA PUISSANCE TRIBUNITIENNE TROIS FOIS CONSUL DEUX FOIS TRIOMPHANT PÈRE DE LA PATRIE ET À SA DIVINE ÉPOUSE SABINE ANTONIN LEUR FILS A LUCIUS ÆLIUS CÆSAR FILS DU DIVIN HADRIEN DEUX FOIS CONSUL POT ETHIQUE A LENTS TICS - dans LycĂ©e 1 Le mot noos peut avoir diffĂ©rents sens ; pour le groupe de sens retenus ici, voir Bruno Snell, Ha ... 2 D’autres auteurs ont consacrĂ© des travaux Ă  la colĂšre et Ă  la pitiĂ© dans l’Iliade, et particuliĂšrem ... 1Dans le cours de l’Iliade, Achille traverse deux phases de colĂšre. Il est d’abord courroucĂ© contre les AchĂ©ens, parce qu’Agamemnon lui a pris BrisĂ©is chants 1-19, puis il entre en furie contre les Troyens, aprĂšs qu’Hector a tuĂ© Patrocle chants 20-24. Ces deux phases de colĂšre, aussi diffĂ©rentes soient-elles l’une de l’autre par leur origine, leur dĂ©roulement et leurs effets, ont cependant un point commun. Dans les deux cas, Achille est blĂąmĂ© pour son absence de pitiĂ© et pour son incapacitĂ© Ă  utiliser son noos, esprit, intelligence, raison » 1. Dans les deux cas Ă©galement, il retrouve, Ă  un certain endroit du poĂšme, l’usage de son noos ; il met un frein Ă  sa colĂšre et se montre accessible Ă  la pitiĂ©. Dans le prĂ©sent article, on examinera l’évolution que suit Achille du dĂ©but Ă  la fin du rĂ©cit. On soulignera l’importance, dans cette Ă©volution, du processus par lequel Achille fait son deuil de Patrocle et se montre capable, Ă  la fin du poĂšme, de recevoir Priam avec bienveillance et de lui rendre le corps de son fils 2. L’ambassade auprĂšs d’Achille 2Au chant 1 de l’Iliade, Agamemnon outrage Achille en lui prenant sa captive, BrisĂ©is. Furieux, Achille se retire du champ de bataille et, pour que sa vengeance soit complĂšte, il envoie sa mĂšre, ThĂ©tis, dans l’Olympe, demander Ă  Zeus de donner la victoire aux Troyens aux dĂ©pens des AchĂ©ens. Au chant 8, Zeus interdit aux autres Olympiens d’intervenir dans les combats et donne dĂ©sormais l’avantage Ă  Hector et Ă  ses troupes. Dans ces conditions, l’armĂ©e achĂ©enne se trouve rapidement dans une situation trĂšs critique. 3Au dĂ©but du chant 9, Agamemnon reconnaĂźt, devant les chefs achĂ©ens rĂ©unis autour de lui, l’erreur qu’il a faite en se saisissant de BrisĂ©is. Il se dit prĂȘt Ă  rendre la jeune fille Ă  Achille et propose Ă  celui-ci, pour le dĂ©dommager, une abondance de richesses et de privilĂšges Il. Ulysse, PhƓnix et Ajax sont envoyĂ©s auprĂšs d’Achille, pour lui transmettre la proposition d’Agamemnon et le supplier de revenir combattre. Chacun d’eux, Ă  son tour, va en appeler Ă  la pitiĂ© d’Achille pour les AchĂ©ens. 3 Les traductions des passages de l’Iliade citĂ©s dans cet article sont de l’auteur avec parfois l’em ... 4Ulysse est le premier Ă  prendre la parole. Il Ă©numĂšre tous les prĂ©sents qu’Agamemnon entend donner Ă  Achille mais semble envisager la possibilitĂ© que celui-ci refuse, car il ajoute Et si le fils d’AtrĂ©e, avec ses prĂ©sents, est encore plus odieux Ă  ton Ăąme, aie au moins pitiĂ© des autres AchĂ©ens », allous
 Panakhaious
 eleaire 3. Mais Achille se montre insensible Ă  cet appel Ă  la pitiĂ©. Dans un discours vĂ©hĂ©ment par lequel il rĂ©pond Ă  Ulysse, il rejette l’offre d’Agamemnon et refuse de porter secours aux AchĂ©ens 4 PhƓnix enjoint Achille de calmer son thumos. Le mot dĂ©signe, dans l’Iliade, le siĂšge de diverses Ă©m ... 5C’est alors au tour de PhƓnix de prononcer un long discours. Il raconte d’abord l’histoire de sa vie, en Ă©voquant comment PĂ©lĂ©e, le pĂšre d’Achille, l’avait chargĂ© de l’éducation de ce dernier, puis envoyĂ© avec lui Ă  Troie pour lui servir de conseiller 9. 434-95. Il adresse alors cette injonction Ă  Achille Allons, Achille, dompte ton cƓur orgueilleux, damason thumon megan. Tu ne dois pas avoir une Ăąme impitoyable, oude ti se khrĂȘ/ nĂȘlees ĂȘtor ekhein, puisque les dieux eux-mĂȘmes se laissent flĂ©chir » 4. Les hommes, poursuit PhƓnix, parviennent Ă  toucher les dieux par leurs priĂšres et leurs sacrifices ; Achille devrait donc Ă©couter, lui aussi, les priĂšres qu’on lui adresse. Il devrait se laisser convaincre par ceux qui le supplient et calmer sa colĂšre, comme le faisaient les hĂ©ros d’autrefois 6Pour illustrer ses propos, PhƓnix raconte comment jadis, alors que les Étoliens et les CourĂštes Ă©taient en guerre, MĂ©lĂ©agre fut pris d’un violent courroux et refusa dĂ©sormais de se mĂȘler aux combats Un jour, la colĂšre pĂ©nĂ©tra MĂ©lĂ©agre, Meleagron edu kholos, la colĂšre qui gonfle le noos dans la poitrine des plus sages », oidanei en stĂȘthessi noon puka per phroneontĂŽn Sans s’arrĂȘter davantage Ă  la colĂšre de MĂ©lĂ©agre, on aimerait attirer l’attention, dans ce passage, sur l’usage du mot noos. On traduit celui-ci par des termes relativement abstraits comme esprit, raison, intelligence » ; or il est prĂ©sentĂ© ici comme un objet physique, que la colĂšre fait gonfler ». L’idĂ©e exprimĂ©e est probablement que la colĂšre affecte l’entendement au point de le dĂ©former et d’en altĂ©rer le fonctionnement. Dans les propos que PhƓnix adresse Ă  Achille, on voit donc l’idĂ©e de colĂšre, thumos ou kholos associĂ©e d’une part Ă  celle d’absence de pitiĂ©, nĂȘlees ĂȘtor d’autre part Ă  celle d’un noos qui ne fonctionne pas de maniĂšre adĂ©quate. 7MĂ©lĂ©agre se laissa finalement Ă©mouvoir par les malheurs de ses proches et, retournĂ© au combat, il sauva sa citĂ© Achille, quant Ă  lui, ne se laisse pas flĂ©chir par le discours de PhƓnix. Il conserve sa colĂšre et ne montre aucune pitiĂ© pour ses alliĂ©s achĂ©ens C’est alors au tour du troisiĂšme membre de l’ambassade, Ajax, de prendre la parole. Il fustige le caractĂšre intraitable d’Achille Achille, au fond de sa poitrine, a rendu sauvage son cƓur orgueilleux, agrion en stĂȘthessi theto megalĂȘtora thumon 
, lui qui n’a pas de pitiĂ©, nĂȘlĂȘs 
 » ; 632. En gĂ©nĂ©ral, poursuit Ajax, les hommes acceptent une compensation pour le meurtre d’un frĂšre ou d’un enfant ; mais Achille, pour une jeune fille qu’on lui a prise, s’obstine dans sa colĂšre et refuse toute rĂ©paration. Pour conclure son discours, Ajax invite Achille Ă  traiter avec plus d’égards ceux qu’il a reçus chez lui et qui sont ses amis 8Ajax accuse donc Achille d’ĂȘtre sauvage, agrios, et sans pitiĂ©, nĂȘlĂȘs ; mais il lui reproche aussi de ne pas se comporter comme doit le faire un homme Ă  qui l’on propose la rĂ©paration d’un crime et de ne pas respecter les rĂšgles qui prĂ©valent dans les relations avec des hĂŽtes et avec des amis. Il lui reproche donc de rejeter les rĂšgles qui rendent possible la vie en sociĂ©tĂ© et de se tenir ainsi en dehors de la sociĂ©tĂ© achĂ©enne. Achille, cependant, reste aussi insensible Ă  ses arguments qu’aux priĂšres d’Ulysse et de PhƓnix il garde sa colĂšre et demeure Ă  l’écart du champ de bataille Ton pĂšre n’est pas PĂ©lĂ©e, ni ThĂ©tis, ta mĂšre
 » 9AprĂšs l’échec de l’ambassade, les combats se poursuivent. Au chant 11, les Troyens, soutenus par Zeus, infligent de sĂ©vĂšres pertes aux AchĂ©ens. Agamemnon, blessĂ©, quitte le champ de bataille ; DiomĂšde, puis Ulysse font de mĂȘme ; 368-400 ; 426-45. Machaon est blessĂ© Ă©galement ; Nestor le ramĂšne, sur son char, jusqu’au camp achĂ©en Son arrivĂ©e n’échappe pas Ă  Achille À le voir, le divin Achille aux pieds infatigables comprend », ton de idĂŽn enoĂȘse podarkĂȘs dios Akhilleus Achille se tient prĂšs de la poupe de son navire et contemple », eisoroĂŽn, la dĂ©tresse profonde » des AchĂ©ens Il comprend en voyant, idĂŽn enoĂȘse en train d’assister Ă  la dĂ©faite achĂ©enne, il semble mesurer la gravitĂ© de cette dĂ©faite lorsqu’il voit Nestor ramener un guerrier blessĂ© au camp. 10Achille demande aussitĂŽt Ă  Patrocle de se rendre chez Nestor pour s’enquĂ©rir de l’identitĂ© du blessĂ©, qu’il n’est pas sĂ»r d’avoir bien reconnu Lorsque Nestor accueille Patrocle et apprend la raison de sa visite, il rĂ©agit avec amertume Achille ne sait-il pas quel malheur accable l’armĂ©e ? Puis il se plaint de ce qu’Achille n’ait ni souci ni pitiĂ© pour les Danaens », DanaĂŽn ou kĂȘdetai oud’ eleairei Sur ce point, Nestor n’a pas tout Ă  fait raison, car lorsqu’Achille s’interroge sur l’identitĂ© d’un blessĂ©, il montre, pour la premiĂšre fois depuis que sa colĂšre a Ă©clatĂ©, quelque intĂ©rĂȘt pour le sort des AchĂ©ens. Pour la premiĂšre fois Ă©galement il fait usage de son noos, lorsqu’il rĂ©alise dans quelle dĂ©tresse se trouve l’armĂ©e achĂ©enne et que cela lui inspire l’idĂ©e d’envoyer Patrocle aux nouvelles. 11Lorsque Patrocle quitte Nestor pour retourner auprĂšs d’Achille, il rencontre en chemin Eurypyle, blessĂ©, qui lui demande son aide Il demeure chez lui pendant l’assaut du rempart achĂ©en par les Troyens chant 12 et pendant la bataille qui s’ensuit, au cours de laquelle les AchĂ©ens, secondĂ©s par PosĂ©idon, parviennent Ă  repousser les Troyens hors de leur camp chants 13-14. Mais au moment oĂč les Troyens, conduits par Apollon, se prĂ©cipitent une nouvelle fois sur le rempart, Patrocle quitte Eurypyle en se lamentant sur le sort des AchĂ©ens, et court rejoindre Achille pour l’inciter Ă  combattre 5 Sur le sens du mot apĂȘnĂȘs dans ce passage, voir LfgrE cf. n. 1, s. v. apĂȘnĂȘs, B1. 12Au dĂ©but du chant 16, Patrocle, pleurant Ă  chaudes larmes, rejoint Achille. Le divin Achille aux pieds infatigables, Ă  le voir, a pitiĂ© », ton de idĂŽn ĂŽiktire podarkĂȘs dios Akhilleus Il lui demande la raison de son chagrin aurais-tu appris, lui dit-il, de mauvaises nouvelles venant de Phthie ou gĂ©mis-tu sur les Argiens, qui pĂ©rissent prĂšs des nefs par leur propre faute ? » Achille est spontanĂ©ment Ă©mu en voyant son ami pleurer, mais il ne semble pas prĂšs d’étendre sa mansuĂ©tude Ă  tous les AchĂ©ens. Dans sa rĂ©ponse, Patrocle Ă©voque la dĂ©bĂącle de l’armĂ©e achĂ©enne, puis Ă©numĂšre tous les chefs blessĂ©s Il dĂ©plore la colĂšre, kholos, qui s’est emparĂ©e d’Achille et son refus de secourir les AchĂ©ens Puis il poursuit Homme sans pitiĂ©, nĂȘlees, ton pĂšre n’est pas PĂ©lĂ©e, ni ThĂ©tis, ta mĂšre ; tu naquis du flot gris et des rochers abrupts, puisque ton esprit est si dur », hoti toi noos estin apĂȘnĂȘs 5. 13On a dĂ©jĂ  notĂ©, dans les propos de PhƓnix, au chant 9, la mĂȘme association entre la colĂšre, l’absence de pitiĂ© et un noos entravĂ© dans son fonctionnement. La colĂšre, selon PhƓnix, avait pour effet de faire gonfler oidanei, le noos de celui qui en Ă©tait victime. Ici, Patrocle dĂ©nonce l’indiffĂ©rence d’Achille aux souffrances des AchĂ©ens ; le noos d’Achille lui paraĂźt endurci. Comme PhƓnix, il envisage le noos d’un individu en colĂšre comme altĂ©rĂ©, de telle sorte que l’individu est incapable de rĂ©flĂ©chir et d’avoir un comportement raisonnable ; il est incapable, dans le cas qui nous occupe, de dominer son courroux et de montrer quelque bienveillance envers autrui. 14Dans la suite de son discours, Patrocle invite Achille Ă  lui prĂȘter ses armes et Ă  l’envoyer au combat ; peut-ĂȘtre pourra-t-il ainsi ĂȘtre secourable aux AchĂ©ens et les sauver de la ruine qui les menace RĂ©pondant Ă  son ami, Achille Ă©voque l’affront qu’Agamemnon lui a infligĂ© en lui prenant BrisĂ©is et la profonde souffrance que ce geste ne cesse de lui inspirer Il se dĂ©clare cependant prĂȘt Ă  changer de sentiments il n’est pas possible », affirme-t-il, de conserver obstinĂ©ment sa colĂšre », oud’ ara pĂŽs ĂȘn/ asperkhes kekholĂŽsthai Il accepte alors de confier ses armes Ă  Patrocle et de l’envoyer, Ă  la tĂȘte des Myrmidons, contrer l’offensive troyenne 6 Achille ne mettra rĂ©ellement un terme Ă  sa colĂšre que plus tard, aprĂšs la mort de Patrocle. Au chan ... 15En dĂ©pit de ce qu’il affirme, Achille ne renonce pas Ă  sa colĂšre contre Agamemnon, Ă  ce point du poĂšme. S’il y renonçait vraiment, il ne se contenterait pas d’envoyer Patrocle sur le champ de bataille il y retournerait lui-mĂȘme 6. Mais la dĂ©claration qu’il fait montre un flĂ©chissement dans sa rancune et dans sa dĂ©termination Ă  refuser toute aide aux AchĂ©ens. Alors qu’il assiste, de son campement, Ă  la dĂ©route achĂ©enne et qu’il voit les Troyens sur le point de mettre le feu aux nefs il ne peut ĂȘtre insensible au fait que son comportement risque de conduire les AchĂ©ens Ă  une ruine totale. Patrocle dĂ©nonce le courroux d’Achille, kholos son caractĂšre impitoyable, nĂȘlees et son noos apĂȘnĂȘs Mais si Achille Ă©tait vraiment dĂ©nuĂ© de pitiĂ© et totalement incapable de rĂ©flexion, il n’accepterait pas d’envoyer son ami se battre. La fureur vengeresse d’Achille 16Patrocle repousse avec succĂšs les Troyens loin des nefs, mais alors qu’il s’est lancĂ© Ă  leur poursuite en direction de leur ville, il est tuĂ© par Hector Lorsque Achille apprend la mort de son ami, il tombe dans une complĂšte dĂ©tresse. Il souille sa tĂȘte de cendre ; il gĂ©mit, Ă©tendu sur le sol, en arrachant sa chevelure. Il pousse une terrible plainte, que ThĂ©tis, sa mĂšre, entend du fond des abĂźmes marins oĂč elle demeure Elle vient aussitĂŽt le rejoindre pour le consoler. Il lui dit tout le dĂ©sespoir que lui cause la mort de Patrocle et lui dĂ©clare son intention de retourner combattre pour tuer Hector Il montre ainsi qu’il n’est pas seulement dĂ©sespĂ©rĂ© ; il est aussi rempli de colĂšre contre Hector. Sa fureur s’étend d’ailleurs Ă  tous les Troyens, qui ont massacrĂ© d’innombrables AchĂ©ens pendant qu’il Ă©tait absent du champ de bataille. 7 Achille, comme ici, s’irrite violemment » meg’ okhthĂȘsas, lorsque le cheval Xanthos lui ... 17Cependant, lorsque ThĂ©tis l’entend proclamer qu’il va tuer Hector, elle lui prĂ©dit qu’il doit mourir lui-mĂȘme peu aprĂšs la mort du chef troyen Achille rĂ©agit Ă  cette annonce en s’irritant violemment » meg’ okhthĂȘsas, Il semble qu’il soit fĂąchĂ© contre lui-mĂȘme parce que, selon ses termes, Patrocle ne l’a pas eu auprĂšs de lui pour le protĂ©ger du malheur » et qu’il n’a Ă©tĂ© d’aucune aide pour Patrocle ni pour tous ceux qui ont Ă©tĂ© tuĂ©s par le divin Hector », lorsqu’il est restĂ© prĂšs des nefs Mais il se peut aussi qu’il s’emporte parce qu’il apprend que sa mort est imminente. Il manifeste, en effet, Ă  diverses occasions, lorsque sa disparition est annoncĂ©e, un mĂ©lange d’irritation et de rĂ©signation 7. 18Le dĂ©sespoir qui Ă©treint Achille, aprĂšs la mort de Patrocle, n’est donc pas une Ă©motion simple il s’y mĂȘle souffrance et colĂšre. Cette derniĂšre a plusieurs composantes colĂšre contre Hector et les Troyens, mĂ©contentement d’Achille contre lui-mĂȘme, attente irritĂ©e de la mort. 8 La violence dont Achille fait preuve, durant la course meurtriĂšre dans laquelle il se lance pour ve ... 19Dans cette disposition d’esprit, Achille va retourner combattre. AprĂšs s’ĂȘtre rĂ©conciliĂ© avec Agamemnon chant 19, il s’élance sur le champ de bataille Ă  la tĂȘte des AchĂ©ens et se met Ă  massacrer sauvagement les Troyens chants 20-21 8. Les descriptions des blessures qu’il inflige alors Ă  ses ennemis sont parmi les plus suggestives et les plus horribles du poĂšme ; 455-503. Elles donnent Ă  toute la scĂšne une atmosphĂšre de carnage, qui traduit l’état Ă©motionnel dans lequel se trouve Achille tout son ĂȘtre est pĂ©nĂ©trĂ© de fureur et rien d’autre ne compte pour lui que de faire payer cruellement aux Troyens la mort de son ami. Ces Ă©vocations sanglantes rĂ©vĂšlent Ă  la fois la profondeur de son deuil et l’intensitĂ© de sa colĂšre envers ses ennemis. Il s’agit du mĂȘme personnage que l’on a vu, peu auparavant, anĂ©anti par le deuil qui le frappait ; il a donc passĂ© rapidement d’un Ă©tat de tristesse et de prostration Ă  un Ă©tat de rage destructrice. 9 Achille rejette en particulier la supplication de TrĂŽs, qui espĂšre qu’il l’épargnera par pitiĂ© po ... 20LancĂ© dans sa course vengeresse, Achille massacre les Troyens sans manifester la moindre pitiĂ© 9. Mais sa fureur atteint son paroxysme au moment oĂč, aprĂšs avoir fait d’innombrables victimes, il tue Hector en combat singulier chant 22. Au moment de mourir, Hector le supplie il lui demande de ne pas laisser son cadavre ĂȘtre dĂ©vorĂ© par les chiens et de rendre son corps Ă  ses parents en Ă©change de riches prĂ©sents, afin que les Troyens puissent accomplir en son honneur les rites funĂšbres Mais Achille rejette cette supplication il serait prĂȘt Ă  dĂ©couper le corps d’Hector et Ă  le manger tout cru ; jamais aucune compensation matĂ©rielle ne sera assez grande pour qu’il accepte de le rendre aux siens ; il lui refuse le droit Ă  des honneurs funĂšbres et souhaite le voir dĂ©vorĂ© par les chiens et les oiseaux 21Comme auparavant, Achille manifeste la violence de son tempĂ©rament et s’exprime, si l’on peut dire, comme s’il Ă©tait un carnassier, prĂȘt Ă  dĂ©vorer son adversaire Ce langage animal » transparaĂźt aussi lorsqu’il appelle Hector chien » et lorsqu’il le voue aux charognards nul n’écartera les chiens de ta tĂȘte » les chiens et les oiseaux te dĂ©voreront tout entier » D’autre part, en rejetant une supplication, en refusant de rendre le corps d’Hector aux siens en Ă©change d’une compensation et en lui dĂ©niant le droit Ă  des rites funĂšbres, il renonce au comportement qu’un ĂȘtre humain devrait avoir Ă  l’égard d’un ennemi mourant et rĂ©cuse toute norme sociale. Achille persiste dans sa sauvagerie lorsque Hector est mort il mutile son cadavre, puis l’attache Ă  son char et, le traĂźnant derriĂšre lui, l’emmĂšne jusqu’au camp achĂ©en 22Dans la scĂšne de l’ambassade, Ajax reprochait Ă  Achille d’entretenir une colĂšre farouche contre Agamemnon et de refuser toute aide aux AchĂ©ens ; il l’accusait d’ĂȘtre sauvage et de se tenir en dehors de la sociĂ©tĂ© achĂ©enne. Au moment de la mort d’Hector, Achille se met en marge de la sociĂ©tĂ© d’une maniĂšre plus profonde il perd tout contrĂŽle de sa colĂšre et semble avoir oubliĂ© qu’il est un ĂȘtre humain. Devant le bĂ»cher de Patrocle 23On a vu plus haut comment Achille usait de son noos, dans le cadre de son conflit avec les AchĂ©ens. On aimerait montrer maintenant le rĂŽle que joue le noos d’Achille dans le processus par lequel celui-ci fait son deuil de Patrocle et surmonte peu Ă  peu sa colĂšre contre les Troyens. Ce processus commence au moment oĂč Achille accomplit le rituel des funĂ©railles de Patrocle, et se poursuit lorsqu’il reçoit Priam, venu le supplier de lui rendre son fils. 24AprĂšs la mort d’Hector, les AchĂ©ens rentrent dans leur camp. Les Myrmidons, sur l’ordre d’Achille, conduisent leurs chars trois fois autour du corps de Patrocle, en se lamentant. Puis Achille leur offre un festin funĂ©raire Achille demande Ă  Agamemnon de prĂ©parer, dĂšs le lendemain, les funĂ©railles de Patrocle. Les AchĂ©ens rejoignent leurs quartiers pour la nuit, tandis qu’Achille, tout Ă  son chagrin, va s’étendre au bord de la mer Alors qu’il s’est endormi, l’ñme de Patrocle lui apparaĂźt. Son ami lui reproche de ne pas lui avoir encore donnĂ© de sĂ©pulture les Ăąmes des autres dĂ©funts, se plaint-il, l’empĂȘchent de franchir les portes de l’HadĂšs ; il ne trouvera pas sa place dĂ©finitive dans le monde des morts avant d’avoir reçu sa part de feu ». Il termine son discours en recommandant Ă  Achille de rassembler leurs cendres Ă  tous deux dans une urne d’or, offerte par ThĂ©tis Achille assure son ami qu’il fera ce qu’il lui demande. Il tente de l’enlacer, mais ses bras ne saisissent rien ; l’ñme lui Ă©chappe et retourne sous terre 10 Le poĂšte semble vouloir dire qu’Achille a dĂ©jĂ  eu d’autres idĂ©es, dans le cadre des funĂ©railles de ... 25À l’aube, Agamemnon ordonne aux AchĂ©ens d’aller chercher du bois pour le bĂ»cher de Patrocle. Une Ă©norme masse de bois est dĂ©posĂ©e sur le rivage de la mer, Ă  l’endroit oĂč Achille mĂ©dite un grand tombeau pour Patrocle et lui-mĂȘme » Cette derniĂšre prĂ©cision montre qu’Achille, lors de la cĂ©rĂ©monie funĂšbre en l’honneur de Patrocle, est dĂ©jĂ  prĂ©occupĂ© par sa propre mort et par la perspective de ses propres funĂ©railles. Les Myrmidons s’arment et Ă©quipent leurs chars, pour accompagner Patrocle dans une procession funĂ©raire. À un endroit que leur dĂ©signe Achille, ils dĂ©posent le corps et se mettent Ă  amasser du bois pour former le bĂ»cher Alors », dit le poĂšte, le divin Achille aux pieds infatigables a encore une idĂ©e », enth’ aut’ all’ enoĂȘse podarkĂȘs dios Akhilleus 10. 26Achille coupe ses cheveux, puis s’adresse au fleuve Spercheios. PĂ©lĂ©e, dĂ©clare-t-il, avait fait un vƓu il souhaitait que son fils, revenu dans sa patrie Ă  la fin de la guerre, coupe sa chevelure pour le fleuve et lui consacre une hĂ©catombe. Mais Achille sait qu’il ne rentrera jamais chez lui et c’est Ă  Patrocle qu’il veut offrir sa chevelure Lorsqu’il pense », enoĂȘse Ă  ce moment prĂ©cis des funĂ©railles de Patrocle, sa rĂ©flexion porte Ă  la fois sur son ami, qu’il dĂ©sire honorer en lui faisant l’offrande de ses cheveux, et sur sa propre mort. ThĂ©tis, en effet, lui a annoncĂ© qu’il mourrait peu aprĂšs Hector ; l’offrande qu’il devait faire au Spercheios, aprĂšs ĂȘtre rentrĂ© chez lui, n’a donc plus de sens. 27Le soir venu, la cĂ©rĂ©monie se poursuit en prĂ©sence des seuls chefs achĂ©ens. Le bĂ»cher est terminĂ© et le corps de Patrocle y est dĂ©posĂ© Mais lorsque Achille veut y mettre le feu, le bois ne s’enflamme pas Le poĂšte rĂ©pĂšte la mĂȘme formule Alors, le divin Achille aux pieds infatigables a encore une idĂ©e », enth’ aut’ all’ enoĂȘse podarkĂȘs dios Akhilleus Achille adresse une priĂšre Ă  deux vents, BorĂ©e et ZĂ©phyr ; il leur promet de magnifiques offrandes et les supplie de venir, pour que le bois s’embrase. C’est Iris qui entend sa priĂšre et va la transmettre aux vents. BorĂ©e et ZĂ©phyr gagnent aussitĂŽt la Troade. Leur souffle enflamme le bĂ»cher, qui brĂ»le toute la nuit, tandis qu’Achille verse des libations, en pleurant et en invoquant l’ñme de Patrocle 28Dans cette scĂšne, Achille s’adresse Ă  des ĂȘtres divins pour obtenir leur appui. Au dĂ©but du poĂšme, il avait dĂ©jĂ  recouru Ă  une telle possibilitĂ©, mais les circonstances Ă©taient diffĂ©rentes. Il avait envoyĂ© dans l’Olympe sa mĂšre, ThĂ©tis, demander Ă  Zeus de dĂ©cimer l’armĂ©e achĂ©enne. Zeus avait acceptĂ© et lui avait ainsi accordĂ© un privilĂšge extraordinaire pour un mortel. Dans le cas prĂ©sent, c’est Iris, la messagĂšre des dieux, qui se charge de porter la requĂȘte d’Achille aux dieux concernĂ©s. GrĂące Ă  leur intervention, Achille obtient pour Patrocle une prĂ©rogative purement humaine le corps de son ami sera consumĂ© par le feu et son Ăąme pourra enfin pĂ©nĂ©trer dans l’HadĂšs. 29Au matin, le feu s’apaise et les vents retournent chez eux. Achille donne ses instructions aux AchĂ©ens les os de Patrocle seront recueillis et placĂ©s dans une urne d’or, en attendant le jour oĂč Achille lui-mĂȘme mourra ; sur les restes du bĂ»cher, on construira d’abord un tombeau assez petit, que l’on agrandira lorsque les restes d’Achille, ajoutĂ©s Ă  ceux de Patrocle, y seront enterrĂ©s 30Lorsque Achille cĂ©lĂšbre les funĂ©railles de Patrocle, les facultĂ©s de son esprit, noos, sont mobilisĂ©es par le souci qu’il a d’exĂ©cuter en bonne et due forme les gestes rituels appropriĂ©s ; l’ñme de son ami trouvera ainsi le repos et entrera dĂ©finitivement dans le monde des morts. Mais les Ă©motions que lui a inspirĂ©es la mort de Patrocle n’ont pas disparu. Sa profonde tristesse transparaĂźt tout au long des funĂ©railles. Sa colĂšre, un peu en retrait, n’est toutefois pas absente il traite le cadavre d’Hector de maniĂšre infamante, en le couchant, face contre terre, prĂšs du lit funĂ©raire de Patrocle et le voue une nouvelle fois Ă  ĂȘtre dĂ©vorĂ© par les chiens Lorsqu’il exĂ©cute ce rituel, Achille pense certainement aussi Ă  sa propre mort. Il y pense, en tout cas, lorsque l’ñme de Patrocle lui donne des instructions au sujet de ses funĂ©railles et lorsqu’il donne lui-mĂȘme ses instructions aux AchĂ©ens. Il sait que son propre corps sera bientĂŽt rĂ©duit en cendres et qu’il deviendra lui-mĂȘme, comme Patrocle, un simulacre d’ĂȘtre humain, immatĂ©riel et insaisissable. Il prend conscience de l’inanitĂ© de la mort. La supplication de Priam 31AprĂšs les funĂ©railles de Patrocle, Achille continue Ă  outrager le corps d’Hector chaque jour, Ă  l’aube, il l’attache Ă  son char, le traĂźne trois fois autour de la tombe de son ami, puis le laisse Ă©tendu dans la poussiĂšre Voyant Hector traitĂ© de la sorte, les dieux envisagent de le soustraire Ă  Achille. C’est Apollon qui, le premier, a pitiĂ© du chef troyen Il reproche aux Olympiens de nĂ©gliger ce dernier, qui leur a pourtant, de son vivant, offert de beaux sacrifices Puis il poursuit Vous prĂ©tendez au contraire, dieux, protĂ©ger le funeste Achille, dont le cƓur ignore la mesure et dont l’esprit, au fond de lui, est insensible, hĂŽi out’ ar’ phrenes eisin enaisimoi oute noĂȘma/ gnampton eni stĂȘthessi. Il est sauvage comme un lion, cĂ©dant Ă  sa force puissante et Ă  son cƓur orgueilleux, leĂŽn d’ hĂŽs agria oiden/ hos t’ epei ar megalĂȘi te biĂȘi kai agĂȘnori thumĂŽi/ eiksas, qui se mĂȘle aux troupeaux des hommes pour en faire son repas. Achille, lui aussi, a perdu toute pitiĂ© 
, hĂŽs Akhileus eleon men apĂŽlesen 
 » 11 Le mot biĂȘ a aussi bien le sens de force, puissance » que de violence » cf. LfgrE cf. n. 1, ... 12 On peut considĂ©rer ici le mot noĂȘma comme l’équivalent de noos ; cf. LfgrE, s. v. noĂȘma, B2b. 32Dans ce discours, Apollon met en rapport des mots et des notions dont on a dĂ©jĂ  notĂ© l’association prĂ©cĂ©demment colĂšre ou violence kholos, biĂȘ, thumos 11, caractĂšre sauvage agrios, absence de pitiĂ© nĂȘlĂȘs/-ees, fonctionnement inadĂ©quat du noos ou noĂȘma 12. Selon Apollon, en effet, Achille, en outrageant le corps d’Hector, rĂ©vĂšle un noĂȘma insensible Ă  tout argument raisonnable ; il se comporte avec sauvagerie, agria oiden, et manifeste la violence de son tempĂ©rament, biĂȘ, thumos ; enfin, il a renoncĂ© Ă  tout sentiment de pitiĂ©, eleon apĂŽlesen. 33Convaincu par ces propos, Zeus envoie ThĂ©tis auprĂšs d’Achille, pour informer celui-ci que les dieux s’indignent ; il se dĂ©clare lui-mĂȘme encore plus furieux que les autres », eme d’ eksokha pantĂŽn/ athanatĂŽn kekholĂŽsthai, lorsqu’il voit la maniĂšre dont Achille traite le corps d’Hector, et lui ordonne de rendre celui-ci Ă  Priam DĂšs qu’il a entendu le message de Zeus, Achille obtempĂšre et rĂ©pond briĂšvement Celui qui apportera la rançon, qu’il emporte aussi le corps, si Zeus lui-mĂȘme l’ordonne d’un cƓur sincĂšre » Achille est donc conscient du danger qu’il y aurait Ă  exciter la colĂšre de Zeus et obĂ©it immĂ©diatement Ă  l’ordre qu’il reçoit. 34Tandis que ThĂ©tis se trouve auprĂšs de son fils, Zeus envoie Iris chez Priam elle incitera celui-ci Ă  se rendre auprĂšs d’Achille pour racheter le corps d’Hector, en Ă©change de riches prĂ©sents. Priam traverse, de nuit, le camp achĂ©en, accompagnĂ© d’HermĂšs, dĂ©pĂȘchĂ© auprĂšs de lui par Zeus AussitĂŽt arrivĂ© chez Achille, Priam se dirige vers lui, lui saisit les genoux et lui baise les mains puis le supplie, en commençant par ces mots Souviens-toi de ton pĂšre, Achille pareil aux dieux, mnĂȘsai patros soio, theois epieikel’ Akhilleu. Il a mon Ăąge, il est, comme moi, au seuil maudit de la vieillesse » 35Poursuivant son discours, Priam fonde sa supplication sur une comparaison entre le sort du pĂšre d’Achille, PĂ©lĂ©e, et sa propre destinĂ©e. PĂ©lĂ©e est seul dans sa patrie, sans personne pour le protĂ©ger ; mais il sait que son fils est toujours vivant et il peut espĂ©rer le voir revenir de Troie. Priam, au contraire, aprĂšs avoir perdu Ă  la guerre la plupart de ses fils, a vu le meilleur d’entre eux, Hector, ĂȘtre tuĂ© par Achille Puis Priam termine Allons, respecte les dieux, Achille, et te souvenant de ton pĂšre, prends pitiĂ© de moi, all’ aideio theous, Akhileu, auton t’ eleĂȘson,/ mnĂȘsamenos sou patros. Je suis plus encore que lui digne de pitiĂ©, egĂŽ d’ eleeinoteros per, car j’ai osĂ© ce qu’aucun autre mortel n’avait encore fait sur cette terre j’ai portĂ© Ă  ma bouche les mains de l’homme qui a tuĂ© mes enfants » 36Trois points de cette exhortation mĂ©ritent d’ĂȘtre relevĂ©s Priam demande Ă  Achille de respecter ou de craindre les dieux ; il le supplie d’avoir pitiĂ© de lui, en se prĂ©sentant comme encore plus digne de pitiĂ© que PĂ©lĂ©e, aprĂšs s’ĂȘtre prĂ©tendu, dans le corps de son discours, encore plus malheureux que lui ; il invite Achille Ă  se souvenir de son pĂšre, en utilisant une expression, mnĂȘsamenos sou patros, qui fait Ă©cho aux premiers mots de son discours. Achille et Priam pleurent ensemble 37En entendant Priam, Achille se met Ă  pleurer, tandis que le vieil homme, tapi Ă  ses pieds, pleure aussi Tous deux, ils se souviennent, tĂŽ de mnĂȘsamenĂŽ l’un pleure longuement sur Hector meurtrier 
, tandis qu’Achille pleure sur son pĂšre, par moments aussi sur Patrocle ; et leur plainte, stonakhĂȘ, se rĂ©pand dans toute la demeure » Priam a demandĂ© Ă  Achille de se souvenir » de son pĂšre ; mais en fait l’un et l’autre se souviennent, mnĂȘsamenĂŽ, et la remĂ©moration de leurs proches, absent comme PĂ©lĂ©e, ou disparus, comme Hector et Patrocle, les fait pleurer. Ces deux ĂȘtres, dont le destin a fait d’irrĂ©ductibles ennemis, sont unis pour quelques instants dans leur tristesse ; leur union dans la douleur s’exprime par leur commune lamentation, dont le bruit emplit l’espace. 13 Cf. Colin W. Macleod, Homer. Iliad 24, Cambridge, 1982, 130, ad 38Mais Achille se ressaisit et arrĂȘte ses pleurs. Il se lĂšve, prend la main de Priam et le fait se lever, lui aussi il montre ainsi qu’il accepte sa supplication 13. Il prend pitiĂ© de lui et de sa vieillesse, oiktirĂŽn puis il s’adresse Ă  lui. Il admire le courage qu’il lui a fallu pour venir le voir dans le camp achĂ©en, et lui offre un siĂšge, tout en l’invitant Ă  faire taire son chagrin rien ne sert de pleurer, lui dit-il, puisque le sort des humains est de souffrir et que seuls les dieux ignorent la souffrance Il fait ensuite valoir Ă  Priam que la vie de tous les humains est faite d’un mĂ©lange de bonheurs et de malheurs, selon ce que Zeus a dĂ©cidĂ© de leur accorder. Ainsi, PĂ©lĂ©e, jadis heureux et favorisĂ© des dieux, connaĂźt maintenant le malheur il n’a qu’un fils, et celui-ci n’est pas lĂ  pour prendre soin de lui dans son vieil Ăąge, puisqu’il est en train de faire la guerre Ă  Troie ; de mĂȘme, Priam, qui autrefois Ă©tait un puissant roi, voit maintenant sa citĂ© ruinĂ©e par la guerre 14 Sur ce point, notre lecture s’inspire largement de celle de Macleod, op. cit., 26-27. 39En prononçant son discours, Achille entend rĂ©conforter Priam. Celui-ci a dĂ©clarĂ© qu’il Ă©tait plus malheureux que PĂ©lĂ©e, mais Achille lui affirme qu’il a, en fait, comme PĂ©lĂ©e, reçu de Zeus un mĂ©lange de biens et de maux et qu’il partage ainsi le sort de la plupart des humains. Toutefois, Achille exprime aussi ce qu’il a lui-mĂȘme compris. Lorsque Priam lui a parlĂ© de ses malheurs, il s’est rendu compte qu’il n’était pas unique. Il souffre profondĂ©ment de la mort de Patrocle, et cette profonde souffrance l’a poussĂ© Ă  massacrer les Troyens et Ă  outrager Hector ; mais elle lui permet aussi de comprendre Ă  quel point Priam souffre d’avoir perdu son fils. Cela lui permet de surmonter sa propre dĂ©tresse, de contenir sa rage de vengeance et d’avoir pitiĂ© du vieux roi 14. 40Lorsqu’il pleure en songeant tantĂŽt Ă  PĂ©lĂ©e, tantĂŽt Ă  Patrocle », Achille a peut-ĂȘtre aussi une autre prĂ©occupation. Priam lui a dit que PĂ©lĂ©e avait la chance de savoir son fils toujours vivant et pouvait espĂ©rer le voir revenir de la guerre. Mais Achille, lui, sait qu’il mourra bientĂŽt ; son pĂšre va donc perdre son seul fils et ne le verra jamais revenir chez lui. Lorsqu’il pleure, il pense donc sans doute aussi Ă  sa propre mort. Il ne faut pas oublier qu’il a cĂ©lĂ©brĂ© peu auparavant les funĂ©railles de Patrocle. Il a accompli un rituel dont il sait qu’il sera bientĂŽt accompli Ă  l’occasion de sa propre mort et il a rĂ©alisĂ©, lorsque l’ñme de Patrocle lui est apparue, Ă  quel Ă©tat d’inconsistance il serait lui-mĂȘme bientĂŽt rĂ©duit. La conscience de l’imminence de sa mort et de l’état qui sera prochainement le sien ne peut que le conduire Ă  faire preuve d’humilitĂ© devant Priam. 15 David Konstan a soulignĂ© l’importance de la composante cognitive d’une Ă©motion telle que la pitiĂ©. ... 16 Il faut noter que la mansuĂ©tude d’Achille envers Priam n’est pas quelque chose d’accidentel. Plusie ... 41À l’instigation du vieil homme, Achille s’est livrĂ© Ă  un travail de rĂ©flexion et de comparaison il a pensĂ© Ă  son pĂšre, il a rapprochĂ© la situation de celui-ci de celle de Priam, il a rĂ©flĂ©chi aux malheurs des autres humains et Ă  sa propre souffrance, il s’est rappelĂ© que sa mort est proche 15. En prĂ©sence de Priam, Achille manifeste les qualitĂ©s qu’Apollon, dans le discours qu’il adressait aux dieux, lui reprochait d’avoir perdues il fait un usage appropriĂ© de son esprit, noĂȘma ; il renonce Ă  dĂ©chaĂźner sa violence, biĂȘ, thumos, contre Hector et les siens, et se montre capable de pitiĂ©, eleos. Il abandonne sa sauvagerie et retrouve le comportement raisonnable que l’on attend d’un ĂȘtre humain 16. La peur de la colĂšre de Zeus 42Dans sa supplication, Priam a demandĂ© Ă  Achille de respecter ou de craindre les dieux, aideio theous Or Achille a rĂ©vĂ©lĂ© la crainte que les dieux lui inspirent, au moment oĂč ThĂ©tis est venue lui annoncer que Zeus Ă©tait courroucĂ© contre lui et lui ordonnait de rendre Hector Ă  son pĂšre il a immĂ©diatement acceptĂ© de se plier Ă  cette injonction divine Lorsqu’il a pitiĂ© de Priam, il le fait donc parce que celui-ci, par son discours, l’incite Ă  envisager sa situation sous un jour diffĂ©rent ; mais avant mĂȘme de le recevoir il Ă©tait dĂ©cidĂ© Ă  lui rendre son fils, dans le souci de respecter l’ordre reçu de Zeus. 43Achille est d’ailleurs parfaitement conscient du rĂŽle que joue Zeus dans sa rencontre avec Priam ; il le manifeste dans la suite du dialogue qu’il Ă©change avec ce dernier. Priam, en effet, voudrait que le corps d’Hector lui soit rendu sans dĂ©lai, en Ă©change des prĂ©sents qu’il a apportĂ©s Mais cette requĂȘte contrarie Achille Ne m’irrite plus maintenant, vieillard. Je pense moi-mĂȘme Ă  te rendre Hector, noeĂŽ de kai autos/ Hektora toi lusai ; car une messagĂšre envoyĂ©e par Zeus, Diothen
 angelos, est venue Ă  moi, ma mĂšre 
. Et je me rends bien compte, ginĂŽskî
 phresin, 
 que c’est un dieu, theĂŽn tis, qui t’a conduit aux nefs des AchĂ©ens ; car aucun mortel, mĂȘme en pleine jeunesse, n’oserait sans cela venir dans notre camp » 44Achille pense », noeĂŽ, Ă  rendre Hector Ă  son pĂšre ; en d’autres termes, il a compris, grĂące Ă  son noos, comment il devait rĂ©pondre au message que lui apportait ThĂ©tis de la part de Zeus, Diothen. De mĂȘme, il a rĂ©alisĂ©, ginĂŽskĂŽ, que Priam n’avait pu traverser le camp achĂ©en sans ĂȘtre accompagnĂ© d’un dieu. Il a donc compris que sa rencontre avec Priam avait Ă©tĂ© voulue et organisĂ©e par Zeus. LĂ  encore, l’attitude qu’il montre Ă  l’égard du vieux roi rĂ©sulte d’un processus de rĂ©flexion. 45Achille est soucieux de ne pas dĂ©sobĂ©ir Ă  Zeus, mais sa conduite ne manque pas d’ambiguĂŻtĂ©. En terminant son discours, en effet, il met en garde Priam Ne provoque donc pas ma colĂšre davantage, alors que je souffre », tĂŽ nun mĂȘ moi mallon en algesi thumon orinĂȘis ; sans quoi, poursuit-il, je pourrais ne pas te laisser la vie sauve, tout suppliant que tu es, et violer l’ordre de Zeus », Dios d’ alitĂŽmai ephetmas DĂšs qu’il a prononcĂ© ces mots, il s’en va, avec deux compagnons, dĂ©charger le chariot sur lequel Priam a apportĂ© la compensation prĂ©vue pour le rachat d’Hector ; puis il appelle ses captives et les charge de prĂ©parer le cadavre pour le rendre Ă  Priam Mais, prĂ©cise le poĂšte, Achille emporte d’abord le corps Ă  l’écart ; en effet, dans son cƓur affligĂ©, le vieillard pourrait ne pas contenir sa colĂšre en voyant son fils, et Achille pourrait alors s’irriter et le tuer, violant ainsi l’ordre de Zeus », Dios d’ alitĂȘtai ephetmas 46Achille a mis un frein Ă  sa violence, au moment oĂč Priam l’a suppliĂ© ; il a sincĂšrement pitiĂ© du vieil homme et il est prĂȘt Ă  lui rendre son fils. Mais il n’a pas complĂštement abandonnĂ© la fureur que lui a inspirĂ©e la mort de Patrocle et il est toujours dĂ©sespĂ©rĂ© d’avoir perdu son ami. Il craint que si Priam, Ă  la vue de son fils, laissait Ă©clater son dĂ©pit, cela ne ravive sa propre colĂšre, mĂȘ moi
 thumon orinĂȘis, dans l’état de souffrance, en algesi, oĂč il se trouve. 47Dans ces conditions, il doit faire appel Ă  toutes les ressources de son esprit pour dominer les Ă©motions qui le possĂšdent encore et ne pas enfreindre l’ordre de Zeus. Toutefois, la formule dont il se sert, lorsqu’il envisage cette derniĂšre possibilitĂ© – Dios d’alitĂŽmai ephetmas – aussi frappante soit-elle, semble n’ĂȘtre qu’une façon de parler ; car s’il ne traitait pas Priam avec Ă©gard, il encourrait la colĂšre de Zeus et ne peut Ă©videmment pas s’exposer Ă  un tel risque. Il est donc exclu qu’il use de violence ; mais, conscient lui-mĂȘme des excĂšs de son tempĂ©rament, il prĂ©fĂšre prendre la prĂ©caution de cacher le corps d’Hector Ă  Priam, avant que ne vienne le moment oĂč celui-ci ramĂšnera son fils Ă  Troie. 48On a vu Achille, en colĂšre contre les AchĂ©ens, ĂȘtre accusĂ© de manquer de pitiĂ© et de faire un mauvais usage de son noos. On l’a vu ensuite exercer briĂšvement sa rĂ©flexion devant la dĂ©faite des AchĂ©ens, puis manifester quelque pitiĂ© pour la dĂ©tresse de Patrocle. Il a dĂ©clarĂ© renoncer Ă  sa colĂšre contre ses alliĂ©s et a permis Ă  Patrocle de leur porter secours. Mais l’inflexion de son attitude n’a Ă©tĂ© que superficielle et fugace ; elle n’a eu pour effet que de conduire son ami Ă  sa perte. 49À la fin du poĂšme, c’est un exercice plus profond et plus complexe de son noos qui conduit Achille Ă  avoir pitiĂ© de Priam. Il Ă©voque avec nostalgie le souvenir de son pĂšre ; il se sent concernĂ© par les malheurs de Priam, qui lui rappellent ses propres malheurs ; il se montre capable de contenir sa violence et son chagrin, en tenant compte de la nĂ©cessitĂ© de ne pas contrarier Zeus. Enfin, son comportement est influencĂ© par une rĂ©alitĂ© Ă  laquelle il ne peut se soustraire l’approche inĂ©luctable de sa mort. Vous cherchez des citations positives courtes ? 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Ben Sweetland“Laissez la beautĂ© de ce que vous aimez ĂȘtre ce que vous faites. – Rumi“Je n'ai rien Ă  perdre mais quelque chose Ă  gagner. – Eminem“Essayez d'ĂȘtre un arc-en-ciel dans le nuage de quelqu'un. – Maya AngĂ©lou“Une Ăąme heureuse est le meilleur bouclier pour un monde cruel. – Attique“Le sens de la vie est de donner un sens Ă  la vie. – Ken Hudgins“Toutes les limitations sont auto-imposĂ©es. – Oliver Wendell Holmes“Ne regrette jamais quelque chose qui t'a fait sourire." - Mark Twain“Tu es toujours Ă  une dĂ©cision d'une vie totalement diffĂ©rente.”“Embrassez le glorieux gĂąchis que vous ĂȘtes. – Élisabeth Gilbert“Je n'ai pas besoin que ce soit facile, j'ai besoin que ça en vaille la peine. - Lil Wayne“La simplicitĂ© est la sophistication ultime." - LĂ©onard de Vinci“Ne laissez jamais vos Ă©motions dominer votre intelligence. – Drake“Le doute tue plus de rĂȘve que l'Ă©chec ne le fera jamais." Suzy Kassem“Changez le jeu, ne laissez pas le jeu vous changer. – Macklemore“DĂ©terminez vos prioritĂ©s et concentrez-vous sur elles. – Eileen Mc Dargh“Oh, les choses que vous pouvez trouver, si vous ne restez pas derriĂšre. - Dr. Seuss“Les temps difficiles ne durent jamais, mais les gens durs le font. – Robert H. Schuller“Rien ne dure Ă©ternellement, mais au moins nous avons ces souvenirs. – J. Cole“Ne sais-tu pas que tes imperfections sont une bĂ©nĂ©diction ? » – Kendrick Lamar“Le moment est toujours venu de faire ce qui est juste. - Martin Luther King jr.“Vouloir ĂȘtre quelqu'un d'autre est un gaspillage de qui vous ĂȘtes. - Kurt Cobain“Le vrai sens de la vie est de planter des arbres Ă  l'ombre desquels vous ne vous attendez pas Ă  vous asseoir. – Nelson Henderson“Gagner est amusant, mais ces moments oĂč vous pouvez toucher la vie de quelqu'un de maniĂšre trĂšs positive sont meilleurs. Tim Howard“Ce n'est pas si vous ĂȘtes renversĂ©, c'est si vous vous levez. Vince Lombardi“La normalitĂ© est une route goudronnĂ©e c'est confortable de marcher mais aucune fleur ne pousse. - Vincent Van Gogh“La bonne vie est un processus, pas un Ă©tat d'ĂȘtre. C'est une direction, pas une destination. Carl Rogers“Le bonheur est la seule chose qui se multiplie lorsque vous le partagez. Albert Schweitzer“Que vos choix reflĂštent vos espoirs, pas vos peurs. - Nelson Mandela“Les problĂšmes ne sont pas des panneaux d'arrĂȘt, ce sont des directives." – Robert H. Schuller“OĂč que vous alliez, quel que soit le temps, apportez toujours votre propre soleil. Anthony J. D'Angelo“Lorsque vous ĂȘtes enthousiaste Ă  propos de ce que vous faites, vous ressentez cette Ă©nergie positive. C'est trĂšs simple." Paulo Coelho“Le succĂšs est la somme de petits efforts rĂ©pĂ©tĂ©s jour aprĂšs jour. Robert Collier“La haine vient de l'intimidation, l'amour vient de l'apprĂ©ciation. – Tyga“À mon avis, si tu veux l'arc-en-ciel, tu dois supporter la pluie. Dolly Parton“Le bonheur de votre vie dĂ©pend de la qualitĂ© de vos pensĂ©es. Marc AurĂšle“RĂȘve comme si tu vivrais pour toujours, vis comme si tu mourrais aujourd'hui. - James Dean“Si vous voyez quelqu'un sans sourire, donnez-lui l'un des vĂŽtres. Dolly Parton“Lorsque nous sommes ouverts Ă  de nouvelles possibilitĂ©s, nous les trouvons. Soyez ouvert et sceptique Ă  l'Ă©gard de tout. Todd Kashdan“Ayez assez de courage pour commencer et assez de cƓur pour finir. – Jessica NS Yourko“Établissez des plans pour quelque chose de grand en commençant par le petit. Lao Tseu“Il vaut mieux vivre un jour comme un lion que mille jours comme un agneau. Proverbe romain“Plus vous louez et cĂ©lĂ©brez votre vie, plus il y a dans la vie Ă  cĂ©lĂ©brer. Oprah Winfrey“Si je veux raconter une histoire vraie, je vais commencer par mon nom. – Kendrick Lamar“La vie devient plus facile lorsque vous apprenez Ă  accepter les excuses que vous n'avez jamais reçues. – R. Brault“Laissez votre gĂ©nialitĂ© unique et votre Ă©nergie positive inspirer confiance aux autres.”“Pratiquement rien n'est impossible dans ce monde si vous y rĂ©flĂ©chissez et maintenez une attitude positive. » Lou Holtz“Se fixer des objectifs est la premiĂšre Ă©tape pour transformer l'invisible en visible. Tony Robbins“Si vous dites la vĂ©ritĂ©, vous n'avez pas besoin de vous souvenir de quoi que ce soit. - Mark Twain“Je pourrais ĂȘtre d'accord avec toi, mais alors nous aurions tous les deux tort. -Harvey Spectre“Le soleil nous rappelle quotidiennement que nous aussi pouvons nous relever de l'obscuritĂ©, que nous aussi pouvons faire briller notre propre lumiĂšre.”“Si vous voulez que la lumiĂšre entre dans votre vie, vous devez vous tenir lĂ  oĂč elle brille. » Guy Finley“Le soleil lui-mĂȘme est faible lorsqu'il se lĂšve pour la premiĂšre fois et reprend force et courage au fur et Ă  mesure que la journĂ©e avance. - Charles Dickens“Chaque jour n'est peut-ĂȘtre pas bon
 mais il y a quelque chose de bon dans chaque jour. Alice Morse Earle“Le bonheur est une attitude. Soit nous nous rendons malheureux, soit heureux et forts. La quantitĂ© de travail est la mĂȘme. Francesca Reigler“La lutte dans laquelle vous vous trouvez aujourd'hui consiste Ă  dĂ©velopper la force dont vous aurez besoin demain. Robert Tew“La gentillesse est un langage que les sourds peuvent entendre et les aveugles peuvent voir. - Mark Twain“Gagner ne signifie pas toujours ĂȘtre le premier. Gagner signifie que vous faites mieux qu'avant. Bonnie Blair“La pensĂ©e positive vous permettra de tout faire mieux que la pensĂ©e nĂ©gative. Zig Ziglar“Un jour, les gens qui ne croient mĂȘme pas en toi diront Ă  tout le monde comment ils t'ont rencontrĂ©. – Johnny Depp“Si le monde Ă©tait aveugle, combien de personnes impressionneriez-vous ? » – Boonaa Mohammed“Le blanc n'est pas toujours clair et le noir n'est pas toujours sombre. – Habeeb Akande“Tu es plus courageux que tu ne le crois et plus fort que tu n'en as l'air, et plus intelligent que tu ne le penses. Mine AACourtes citations inspirantes positives“Vous avez Ă©tĂ© conçu pour faire des choses magiques.”“L'espoir est un rĂȘve Ă©veillĂ©." Aristote“Quand rien ne va bien, allez Ă  gauche.”“Concentrez-vous sur vos objectifs, pas sur les obstacles.”“Transformer la douleur en pouvoir.”“Il y a de la beautĂ© dans la simplicitĂ©.”“Transformer vos blessures en sagesse.”“Votre meilleur professeur est votre derniĂšre erreur.”“C'est la volontĂ©, pas la compĂ©tence.”“Pas de tripes, pas d'histoire. Chris Brady“Qu'est-ce qui est Ă  toi te trouvera.”“Grandir Ă  travers ce que vous traversez.”“RĂ©pandez l'amour partout oĂč vous allez." -MĂšre Teresa“Lorsque vous vous concentrez sur le bien, le bien s'amĂ©liore.”“Le positif gagne toujours
 Toujours. Gary Vaynerchuk“Le bonheur n'est pas par hasard, mais par choix. Jim Rohn“Quelle que soit la vie qui vous plante, fleurissez avec grĂące.”“L'Ă©chec est le succĂšs si nous apprenons de lui." Malcolm Forbes“Ne donnez pas Ă  votre passĂ© le pouvoir de dĂ©finir votre avenir.”“Toute Ɠuvre noble est d'abord impossible. Thomas Carlyle“Tu reçois ce que tu donnes." Jennifer Lopez“De bonnes choses arrivent Ă  ceux qui se bousculent. AnaĂŻs Nin“L'herbe est plus verte lĂ  oĂč vous l'arrosez.”“La meilleure vue vient aprĂšs la montĂ©e la plus difficile.”“Tu es assez comme tu es. Meghan Markle“Il faut ĂȘtre Ă©trange pour ĂȘtre numĂ©ro un. - Dr. Seuss“Tu n'Ă©choues qu'au moment ou tu arrĂȘtes d'essayer." - Albert Einstein“Pense positif et des choses positives arriveront.”“Ma vie est mon message." Mahatma Gandhi“Respirer. C'est juste une mauvaise journĂ©e, pas une mauvaise vie.”“Ne regrette pas le passĂ©. Apprends-en simplement.”“Nous gĂ©nĂ©rons des peurs lorsque nous sommes assis. Nous les surmontons par l'action. Dr Henry Link“La diffĂ©rence entre l'ordinaire et l'extraordinaire, c'est ce petit plus. Jimmy Johnson“Coupez votre propre bois et il vous rĂ©chauffera deux fois. - Henry Ford“Les souvenirs de nos vies, de nos Ɠuvres et de nos actes, continueront dans d'autres. - Rosa ParksRien n'est impossible. Le mot lui-mĂȘme dit "Je suis possible!" - Audrey Hepburn“La vie, ce n'est pas tomber, c'est se relever Ă  chaque chute.”“La meilleure façon de commencer est d'arrĂȘter de parler et de commencer Ă  faire. - Walt Disney“Plus vous travaillez dur pour quelque chose, plus vous vous sentirez bien quand vous l'aurez rĂ©alisĂ©.”“La vĂ©ritĂ© n'est pas toujours la beautĂ©, mais la soif l'est. Nadine Gordimer“Le secret pour aller de l'avant, c'est de commencer. - Mark Twain“On n'est jamais trop vieux pour se fixer un autre objectif ou rĂȘver un nouveau rĂȘve. CS Lewis“L'estime de soi signifie savoir que vous ĂȘtes le sens du rĂȘve. Oprah Winfrey“Peu importe ce que les gens vous disent, les mots et les idĂ©es peuvent changer le monde. Robin Williams“Il n'est jamais trop tard pour un nouveau dĂ©part dans votre vie. Joyce Meyers“Avancez sur votre chemin, car il n'existe que par votre marche. Augustin d'Hippone“Ne laissez pas hier prendre trop de place sur aujourd'hui. Will Rogers“Juger une personne ne dĂ©finit pas qui elle est, cela dĂ©finit qui vous ĂȘtes.”“Les rĂ©alisations d'aujourd'hui Ă©taient les impossibilitĂ©s d'hier. Robert H. Schuller“Soyez la raison pour laquelle quelqu'un croit en la bontĂ© des gens. Karen Salmansohn“Vous ne trouvez pas la vie heureuse. Tu l'as fait." Camilla Eyring Kimball“La journĂ©e la plus gĂąchĂ©e est celle sans rire. EE Cummings“Petit Ă  petit, jour aprĂšs jour, ce qui vous est destinĂ© trouvera son chemin.”“Ce n'est pas d'oĂč tu viens. C'est lĂ  oĂč vous allez qui compte. Ella Fitzgerald“Soyez le changement que vous souhaitez voir dans le monde. Mahatma Gandhi“La persĂ©vĂ©rance garantit que les rĂ©sultats sont inĂ©vitables. Paramahansa Yogananda“Soyez patient avec vous-mĂȘme. Rien dans la nature ne fleurit toute l'annĂ©e.”“Viser la lune. MĂȘme si vous manquez, vous atterrirez parmi les Ă©toiles. Les Bruns“Si vous voulez voler, abandonnez tout ce qui vous pĂšse. Bouddha“Essayez d'ĂȘtre un arc-en-ciel dans le nuage de quelqu'un d'autre. Maya Angelou“Restez proche de tout ce qui vous rend heureux d'ĂȘtre en vie. Hafez“Quand vous avez un rĂȘve, vous devez le saisir et ne jamais le lĂącher. » Carol Burnett“La vie, c'est 10 % de ce qui vous arrive et 90 % de la façon dont vous y rĂ©agissez. Charles R. Swindoll“Vous devez faire les choses que vous pensez ne pas pouvoir faire. - Eleanor Roosevelt“Si je ne peux pas faire de grandes choses, je peux faire de petites choses d'une maniĂšre formidable. - Martin Luther King jr.“Ce n'est pas la charge qui te brise, c'est la façon dont tu la porte.”“Votre vie ne s'amĂ©liore pas par hasard, elle s'amĂ©liore par le changement.”“Peu importe Ă  quel point vous allez lentement tant que vous ne vous arrĂȘtez pas.”“InquiĂ©tez-vous moins. Souris plus. SoistoimĂȘme. Être reconnaissant. Soyez heureux.”“La connaissance du bonheur apporte la connaissance du malheur. Swami Vivekananda“Parfois, nous sommes mis Ă  l'Ă©preuve non pas pour montrer nos faiblesses, mais pour dĂ©couvrir nos forces.”“Vous n'ĂȘtes pas une goutte dans l'ocĂ©an. Vous ĂȘtes tout l'ocĂ©an dans une goutte. Rumi“La vie change trĂšs vite, de maniĂšre trĂšs positive, si vous le permettez. Lindsey Vonn“Gardez votre visage au soleil et vous ne pouvez pas voir une ombre. - Helen Keller“Agissez comme si ce que vous faites fait une diffĂ©rence. Cela fait." William James“Ma mission dans la vie n'est pas seulement de survivre, mais de prospĂ©rer. Maya Angelou“La pluie passera. Garde la tĂȘte haute. Cherche l'arc-en-ciel.”“Il n'est jamais trop tard pour ĂȘtre ce que vous auriez pu ĂȘtre. George Eliot“Crois que tu le peux et tu es Ă  la moitiĂ© du chemin." - ThĂ©odore Roosevelt“Nous pouvons faire tout ce que nous voulons si nous nous y tenons assez longtemps. - Helen Keller“Allumez demain avec aujourd'hui ! Elizabeth Barrett Browning“Aimez-vous, il est important de rester positif car la beautĂ© vient de l'intĂ©rieur.”“La mauvaise nouvelle, c'est que le temps passe vite. La bonne nouvelle, c'est que vous ĂȘtes le pilote. Michael Altshuler“Peu importe ce que vous traversez, il y a une lumiĂšre au bout du tunnel. Demi Lovato“L'optimisme est un aimant Ă  bonheur. Si vous restez positif, les bonnes choses et les bonnes personnes seront attirĂ©es par vous. Mary Lou Retton“Certaines personnes recherchent un bel endroit. D'autres rendent un endroit magnifique. Hazrat Inayat Khan“Il y a deux maniĂšres de diffuser la lumiĂšre ĂȘtre la bougie ou le miroir qui la reflĂšte. Edith Wharton“Vous n'avez pas toujours besoin d'un plan. Parfois, vous avez juste besoin de respirer, de faire confiance, de lĂącher prise et de voir ce qui se passe. Mandy Hale“Le succĂšs n'est pas dĂ©finitif, l'Ă©chec n'est pas fatal c'est le courage de continuer qui compte. - Winston Churchill“Ne vous limitez jamais Ă  cause de l'imagination limitĂ©e des autres ; ne limitez jamais les autres Ă  cause de votre propre imagination limitĂ©e. Mae Jemison“Le chemin le plus rapide vers le sens et le succĂšs choisissez une chose et lancez-vous Ă  fond. Maxime LagacĂ©â€œNe renoncez pas Ă  essayer de faire ce que vous voulez vraiment faire. LĂ  oĂč il y a de l'amour et de l'inspiration, je ne pense pas que vous puissiez vous tromper. Ella Fitzgerald“C'est notre attitude au dĂ©but d'une tĂąche difficile qui, plus que toute autre chose, affectera son succĂšs. William James“Nous devons ĂȘtre prĂȘts Ă  abandonner la vie que nous avons planifiĂ©e pour avoir la vie qui nous attend. » Joseph Campbell“Vous partez pour de superbes endroits, aujourd'hui est votre jour. Votre montagne vous attend, alors continuez votre chemin. - Dr. Seuss“Ce que vous obtenez en atteignant vos objectifs n'est pas aussi important que ce que vous devenez en atteignant vos objectifs. Zig Ziglar“L'inspiration vient de vous-mĂȘme. Il faut ĂȘtre positif. Quand vous ĂȘtes positif, de bonnes choses arrivent. Roy profond“Je ne peux pas changer la direction du vent, mais je peux rĂ©gler mes voiles pour toujours atteindre ma destination. Jimmy Dean“Quelqu'un est assis Ă  l'ombre aujourd'hui parce que quelqu'un a plantĂ© un arbre il y a longtemps. Warren Buffett“L'homme qui veut diriger l'orchestre doit tourner le dos Ă  la foule. James Crook“Pour rĂ©ussir dans la vie, vous avez besoin de trois choses un triangle, une colonne vertĂ©brale et un drĂŽle d'os. Reba Mcentire“Ne baissez jamais la tĂȘte. Tenez-le toujours haut. Regardez le monde droit dans les yeux. - Helen Keller“Parfois, vous ne saurez jamais la valeur d'un moment jusqu'Ă  ce qu'il devienne un souvenir. - Dr. Seuss“Une fois que vous remplacez les pensĂ©es nĂ©gatives par des pensĂ©es positives, vous commencerez Ă  avoir des rĂ©sultats positifs. Willie Nelson“La vie n'est pas faite pour ĂȘtre facile, elle est faite pour ĂȘtre vĂ©cue
 Parfois heureuse, parfois rude. Mais avec chaque haut et bas, tu apprends des leçons qui te rendent fort.”“La seule limite Ă  notre rĂ©alisation de demain sera nos doutes d'aujourd'hui. Franklin D. Roosevelt“Soit nous nous rendons malheureux, soit nous nous rendons forts. La quantitĂ© de travail est la mĂȘme. Carlos Castaneda“Pour toutes les raisons pour lesquelles ce n'est pas possible, il y a des centaines de personnes qui ont fait face aux mĂȘmes circonstances et qui ont rĂ©ussi. Jack Canfield“Les gens qui sont assez fous pour penser qu'ils peuvent changer le monde sont ceux qui le font. Rob Siltanen“Faisons notre avenir maintenant et faisons de nos rĂȘves la rĂ©alitĂ© de demain. Malala Yousafzai“CrĂ©ez la vision la plus haute et la plus grandiose possible pour votre vie, car vous devenez ce que vous croyez.”“Le bonheur se faufile souvent par une porte que vous ne saviez pas que vous laissiez ouverte. John Barrymore“La vie, c'est comme faire du vĂ©lo. Pour garder votre Ă©quilibre, vous devez continuer Ă  bouger. - Albert Einstein“Dans chaque jour, il y a 1440 minutes. Cela signifie que nous avons 1 440 opportunitĂ©s quotidiennes d'avoir un impact positif. Les BrunsCourtes citations positives sur la vie“Prouvez-leur qu'ils ont tort.”“Un jour Ă  la fois.”“Tu comptes.”“Ceci aussi devrait passer.”“Ne jamais abandonner.”“La positivitĂ© est le pouvoir.”“Vous ĂȘtes incroyable.”“Gardez espoir.”“Penser positivement.”“Reste fort.”“N'abandonne pas.”“Briller.”“Habitent. Rire. Amour.”“je peux et je veux.”“Dieu ne t'a jamais quittĂ©.”“Les crayons cassĂ©s colorent toujours.”“RĂȘver. Plan. ExĂ©cuter.”“RĂȘver plus grand. Faire plus gros.”“Soyez vous. Est-ce que tu. Pour vous.”“Choisir d'ĂȘtre heureux.”“N'arrĂȘtez jamais de rĂȘver.”“Le bonheur est un travail intĂ©rieur.”“L'Ă©tat d'esprit est tout.”“Tu peux tout Ă  fait faire ça.”“Soyez une voix. Pas un Ă©cho.”“RĂȘve le. Souhaiter. Fais-le.”“Aujourd'hui je choisis la joie.”“Dites oui Ă  de nouvelles aventures.”“L'obstacle est le chemin.”“Juge-moi quand tu es parfait.”“Mourir avec des souvenirs, pas des rĂȘves.”“C'est ok de ne pas ĂȘtre ok maintenant.”“Il y a du courage Ă  ĂȘtre doux.”“La gentillesse revient toujours.”“Les petites choses font les grands jours.”“Rappelez-vous pourquoi vous avez commencĂ©.”“Votre seule limite est votre esprit.”“La vie est courte. Faites-le doux.”“Prendre le risque ou perdre la chance.”“Avoir peur et le faire quand mĂȘme.”“Faites confiance au timing de votre vie.”“RĂȘve sans peur. L'amour sans limites.”“Rester affamĂ©. Restez stupide. Steve Jobs“Tout ce que tu es suffit.”“Ne nĂ©gligez aucune pierre. Euripide“N'attendez pas l'opportunitĂ©. CrĂ©ez-le.”“Continue. Soyez tous dedans. Brian Hutchinson“Ne vous sentez pas coupable de faire ce qui est le mieux pour vous.”“Esprit positif. De bonnes ondes. Vie positive.”“Pas de pression, pas de diamants. Thomas Carlyle“Une douce amitiĂ© rafraĂźchit l’ñme.”“Prendre soin de soi est productif.”“Les grandes choses ne viennent jamais des zones de confort.”“Vas-y, allons-y. Richard Branson“Votre limitation - ce n'est que votre imagination.”“Une mer douce n'a jamais fait un marin habile.”“Parfois plus tard devient jamais. Fais le maintenant.”“Celui qui est courageux est libre." SĂ©nĂšque“Cherchez le chercheur. Ramana Maharshi“L'esprit le plus sage a encore quelque chose Ă  apprendre. George Santayana“Chaque jour apporte ses propres cadeaux. Marc AurĂšle“Poussez-vous, car personne d'autre ne le fera Ă  votre place.”“Cela semble toujours impossible jusqu'Ă  ce que ce soit fait. - Nelson Mandela“Faites quelque chose aujourd'hui pour lequel votre futur moi vous remerciera.”“RĂ©veillez-vous avec dĂ©termination. Allez au lit avec satisfaction.”“Une fois que vous avez choisi l'espoir, tout est possible. Christopher Reeve“Commencez chaque journĂ©e avec une pensĂ©e positive et un cƓur reconnaissant. Roy T. Bennett“Quoi que vous fassiez, faites-le de toutes vos forces. Marcus Tullius CicĂ©ron“Ça va ĂȘtre dur, mais dur ne veut pas dire impossible.”“Nous sommes deux fois armĂ©s si nous combattons avec foi. Platon“Le travail acharnĂ© garde les rides hors de l'esprit et de l'esprit. HĂ©lĂšne Rubinstein“CaractĂšre comme une photographie. Se dĂ©velopper dans l'obscuritĂ©.”“Une personne vraiment heureuse est celle qui peut profiter du paysage lors d'un dĂ©tour.”“Vous passez toujours l'Ă©chec sur le chemin du succĂšs. Mickey Rooney“La positivitĂ©, c'est de trouver le bien mĂȘme dans de mauvaises conditions.”“Chaque mur est une porte. Ralph Waldo Emerson“Ne dites pas aux gens vos plans. Montrez-leur vos rĂ©sultats.”“Vivez pleinement et concentrez-vous sur le positif. Matt Cameron“Soyez si heureux que, lorsque les autres vous regardent, ils deviennent heureux aussi.”“Le vrai succĂšs, c'est la personne qui s'est inventĂ©e. Al Goldstein“Que celui qui ferait bouger le monde bouge d'abord lui-mĂȘme. Socrate“Tu peux si tu pense que tu peux." George Reeves“Aime la vie que tu vis. Vivre la vie que tu aimes." - Bob Marley“Cela fait une grande diffĂ©rence dans votre vie lorsque vous restez positif. » Ellen DeGeneres“Tout ce qui est positif vaut mieux que rien de nĂ©gatif. Elbert Hubbard“Le succĂšs ne vous trouve pas seulement. Vous devez sortir et l'obtenir.”“Si l'opportunitĂ© ne frappe pas, construisez une porte. Milton Berle“L'imperfection est une forme de libertĂ©. Anh Ngo“La clĂ© du succĂšs est de se concentrer sur les objectifs, pas sur les obstacles.”“Le passĂ© ne correspond pas au futur." Tony Robbins“Ne vous arrĂȘtez pas lorsque vous ĂȘtes fatiguĂ©. ArrĂȘte quand tu as fini.”“Soyez gentil avec les gens mĂ©chants, ils en ont le plus besoin.”“Personne n'est parfait, c'est pourquoi les crayons ont des gommes. Wolfgang Riebe“Le succĂšs est l'enfant de l'audace. Benjamin Disraeli“Vous ĂȘtes votre propre Ăąme sƓur. Rupi KaurNous espĂ©rons que vous avez aimĂ© ces sages paroles de sagesse et ces courtes citations et dictons pour vous Citations courtes inspirantesN'hĂ©sitez pas Ă  partager avec vos amis et votre famille sur Facebook, Twitter, Instagram, Tumblr, WhatsApp chaque matin et Ă  les motiver dans leurs moments difficiles. Devis

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